Mort de Jean-Paul Belmondo : boxe, football, tennis… Le sport, l'autre passion de Bébel

Jean-Paul Belmondo est décédé lundi 6 septembre à l’âge de 88 ans. Une étoile du cinéma français qui ne brillera plus derrière l’écran, mais qui restera dans les mémoires tant son œuvre était étincelante. En plus d’être un acteur hors pair, celui qu’on surnommait Bébel avait une deuxième passion : le sport. Boxeur, gardien de but, fan du PSG… Retour sur les aspects très sportifs de la vie du “Magnifique”.

Boxeur amateur

S’il a eu une très grande carrière dans le monde du cinéma, celui qui pouvait passer du Marginal au Guignolo en un claquement de doigts, n’a jamais oublié l’autre passion de sa vie. Jean-Paul Belmondo a été attiré par le sport dès son plus jeune âge. Élève indiscipliné, le jeune Jean-Paul s’est rapidement tourné vers la boxe. À dix ans il s’inscrit à l’École alsacienne, à Paris, mais c’est le 12 septembre 1948 qu’il connaît le vrai déclic.

Alors âgé de seize ans, Belmondo assiste, à la radio, à l’incroyable victoire du boxeur français Marcel Cerdan sur l’Américain Tony Zale qui lui permet de devenir champion du monde des poids moyens. Quelques jours plus tard, Belmondo s’inscrit à l’Avia Club, une salle de boxe réputée de la porte Saint-Martin et commence une petite carrière en amateur. Il aura à son actif neuf combats avec sept victoires, un nul et une défaite.

“Les brutes ne sont pas toujours celles qu’on croit ! Moi, j’aime la boxe parce qu’elle me faisait rêver adolescent. Ensuite, j’ai poussé les portes de l’Avia Club pour ne plus jamais quitter ce sport, pour faire rêver, comme Cerdan ! Sauf que je n’avais pas son talent. Mais je n’ai pas perdu mon temps, je me suis construit. Ce sport a enchanté ma vie“, avait confié Jean-Paul Belmondo à la version belge de Paris Match, en janvier 2018.

De la boxe au cinéma

S’il a dû mettre de côté sa pratique de la boxe pour se consacrer au cinéma, Jean-Paul Belmondo n’a pas tiré un trait sur ce sport, bien au contraire. L’acteur a contribué à la notoriété du noble art dans de nombreux films. Il a lui même joué le rôle d’un boxeur dans le film L’Ainé des Ferchaux (1963), ou d’un coach dans L’As des As (1982). Pour ses contributions, l’acteur a même reçu un Gant d’honneur lors de la cérémonie des Gants d’Or de boxe le 19 octobre 2019.

“J’ai toujours délivré des clins d’œil à la boxe dans mes films car, à mes yeux, les boxeurs inspirent le respect par leur courage”, avait-il déclaré à la suite de la cérémonie. Plus qu’un sport, la boxe a inculqué une réelle philosophie de vie à l’acteur. En 2001, alors victime d’un accident vasculaire cérébral, Belmondo s’est accroché à sa mentalité de boxeur pour s’en sortir.

“Le sport m’a sauvé, plus par rapport à l’état d’esprit qu’il procure que par rapport à l’état physique dans lequel je me trouvais.”

au Parisien

“Le sport nécessite de la résistance. C’est comme dans la boxe : je n’aimais pas recevoir des coups, mais quand j’en recevais, il fallait bien la fermer pour continuer à lutter. C’était la même chose à ce moment-là”, avait-il avoué dans un entretien accordé au Parisien en avril 2018.

Du ballon rond à la petite balle jaune

Fan de boxe mais pas que, Jean-Paul Belmondo était un véritable accro au sport. Fervent supporter du PSG, il ne le cachait pas. L’acteur a même participé financièrement à la création du club dans les années 1970. Plus jeune il a aussi côtoyé les pelouses lorsqu’il a été désigné gardien de but de son école à dix ans. Un poste qu’il continuera d’affectionner par la suite.

“Souvent le dimanche je joue au football, tout ce qu’il y a de plus amateur […] je joue gardien de but car j’aime bien plonger. Avec les plongeons on fait un peu de cinéma”, expliquait-il dans une interview pour l’émission Les coulisses de l’exploit, en 1964. 

Il était aussi le goal des Polymusclés, une équipe réunissant des personnalités du monde du spectacle et du cinéma pour le plaisir de taper dans le ballon. Mais son plaisir à lui, c’était plutôt de l’attraper. “Jean Paul c’est le fou bondissant, il faisait des bons dans tous les sens et était toujours sur la balle”, expliquait son ami Michel Godest dans une interview accordée à France 2.

En plus d’être fan du ballon rond, Bébel aimait aussi la petite balle jaune. Il était même l’une des premières personnalités à s’intéresser à Roland-Garros dans les années 1970. Il était présent chaque année dans les tribunes, et pas que pour l’affiche finale ni pour faire une simple apparition publique.

Belmondo aimait suivre le tournoi du début à la fin comme il l’a expliqué à la chaîne de l’époque, TF1, en juin 1980 : “Je crois que c’est bien de voir les matchs dès le départ, parce que si on les prend qu’en demi-finales ou en finale c’est moins bien. C’est bien d’avoir suivi le parcours de tous les combattants.”

Le sportif cascadeur

S’il aimait risquer sa vie en réalisant d’incroyables cascades pour ses films, l’acteur pratiquait le sport régulièrement pour rester en forme. Cette passion pour les cascades représentait la cohésion parfaite entre le sportif professionnel que Bébel aurait voulu être et l’acteur qu’il était devenu.

Frapper dans un sac de boxe ou combattre avec son ami de longue date Maurice Auzel, qui le définissait comme quelqu’un de “très adroit qui frappait très fort” , lui permettait de garder une bonne condition physique pour être au meilleur de sa forme sur les tournages afin de réaliser des cascades qui resteront éternellement dans les mémoires.

Il aimait également faire du vélo avec ses amis et suivait de près le Tour de France. Comme souvent, il aimait à citer des grands anciens (Coppi, Bobet, Merckx, Hinault) comme ses modèles. En résumé Jean-Paul Belmondo était un homme omnisports. Il le disait lui même dans une interview accordée à L’Équipe en février 2016 : “Il y a des sports que je n’ai jamais pratiqués, mais il n’y en a aucun que je n’aime pas.”

Si le monde du cinéma est en deuil après avoir perdu une de ses légendes, le monde du sport l’est aussi après avoir perdu l’un de ses plus grands fans.

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