100 000 personnes attendues à Abidjan pour les funérailles musicales de DJ Arafat

Les fans du chanteur ivoirien DJ Arafat, star du “coupé-décalé”, décédée accidentellement le 12 août dernier, s’apprêtaient vendredi 30 août à rendre un hommage exceptionnel à Abidjan à celui qui a rythmé leur vie en chansons.

Cent mille personnes attendues

Nous attendons 100 000 personnes pour les funérailles musicales qui débutent vendredi“, a indiqué Kenzo Kouadio, le président du comité d’organisation des funérailles du “Père des Chinois”, surnom donné au chanteur tant ses admirateurs étaient nombreux.

La cérémonie d’hommage aura lieu au “Félicia”, le stade Félix Houphouët-Boigny, le plus grand du pays avec une capacité de 34 000 places. “Les portes du stade vont s’ouvrir dès 6 heures et les animations débuteront à 10 heures jusqu’au lendemain“. Ensuite, la dépouille de l’artiste, père de cinq enfants, sera enterrée samedi dans le cimetière de Williamsville, dans la commune populaire d’Adjamé, a précisé M. Kenzo.

De nombreuses personnalités du monde artistique sont attendues à cette célébration, selon M. Kenzo, mais la liste des noms n’était pas arrêtée vendredi matin. Des écrans géants seront installés dans des quartiers populaires d’Abidjan dont Yopougon, Koumassi, Abobo, ainsi qu’à Cocody-Angré où résidait DJ Arafat, pour suivre la cérémonie qui sera aussi retransmise en direct par la Radio-Télévision publique ivoirienne.

Les préparatifs se passent bien. La sécurité sera de mise“, a assuré Victor Yapobi, un des responsables de l’organisation. De nombreux Abidjanais redoutent cependant des dérapages. L’administration publique ivoirienne, des ambassades, des institutions et des entreprises ont alerté leurs employés sur la situation “très volatile” pendant ces deux jours (vendredi et samedi), et vont pour certaines fermer leurs bureaux proches du stade.

“Arafat a révolutionné le coupé-décalé”

Le décès du “Daishinkan” (un autre de ses surnoms lié à un héros de BD) a suscité un émoi national : dirigeants politiques, stars de football et artistes de renom se sont succédé pour “saluer son talent“.

Né d’un père ingénieur du son réputé et d’une mère chanteuse, le jeune DJ Arafat s’était formé à la musique sur le tas. “Il faisait le tour des studios pour apprendre, il était curieux de tout“, raconte Franck Alcide Kacou, directeur label et publishing d’Universal Music Africa (filiale de la multinationale Vivendi), la compagnie qui produisait DJ Arafat depuis 2013. DJ dans les maquis de la rue Princesse à Yopougon, le grand lieu de la fête à Abidjan, il avait percé avec le titre Jonathan en 2003, avant d’enchaîner les tubes pendant 15 ans : “Kpangor” (2005), Djessimidjeka (2012), Maplorly (2015), Dosabado (2018), entre autres.

Arafat a “révolutionné le coupé-décalé, en mélangeant les sons, les rythmes. Il s’est par exemple inspiré de musiques traditionnelles africaines, mais aussi de l’afrobeat nigérian, du rap, du baile funk brésilien. Il était aussi un danseur exceptionnel et a associé à sa musique des concepts de danse nouveaux“, explique M. Kacou.
Il était l’artiste le plus influent de l’Afrique de l’Ouest, avec une communauté de deux millions de fans sur facebook. Il avait une véritable aura“, poursuit le directeur du label. “Il commençait à percer en Europe et en Amérique, à toucher un public au-delà de la diaspora ivoirienne“.

Une personnalité controversée

Sur son dernier album, Renaissance, sorti à la fin de l’année 2018, il avait invité des artistes internationaux tels que Maître Gims, Dadju, Davido et Fally Ipupa. Il était parfois controversé. “C’était une personnalité clivante. Il était très sensible, d’où ses réactions sans filtre et ses clashes avec les autres artistes, qui faisaient partie de sa carrière musicale“, raconte M. Kacou. “Mais c’était aussi des coups marketing. Arafat était aussi un génie de la communication, il utilisait très bien les réseaux sociaux“.

#swaggamatta guéssimidiéka arrive dès qu’ils se cachent en même temps

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DJ Arafat avait été désigné meilleur artiste de l’année aux Awards du coupé-décalé en 2016 et 2017. Il avait aussi été distingué meilleur artiste africain en 2012 au Kora Music Awards, récompenses musicales panafricaines.

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