Éjaculation féminine et femme fontaine : quelles différences ?

Femme fontaine et éjaculation féminine sont des sujets tabous. Dr Pierre Desvaux, andrologue, sexologue et co-auteur du livre “Femme fontaines et éjaculation féminine” nous dévoile, en s’appuyant sur les dernières recherches scientifiques, ce qu’il faut savoir sur ces deux phénomènes.

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Une femme fontaine prend davantage de plaisir lors d’un rapport sexuel, ce phénomène est déclenché avec un orgasme très intense, l’éjaculation féminine est à différencier des pertes de sécrétions vaginales… Il existe beaucoup d’idées reçues autour de la femme fontaine et de l’éjaculation féminine, on fait le point avec nos spécialistes.

Qu’est-ce que l’éjaculation féminine ?

L’éjaculation féminine représente un millilitre de liquide qui passe souvent inaperçu, car il se perd dans les sécrétions vaginales lors du rapport sexuel. La substance proviendrait des glandes de Skene (ou glandes para-urétrales) se situant tout le long de l’urètre, équivalentes à la prostate chez l’homme. “Toutes les femmes ont des glandes de Skene, mais elles sont plus ou moins développées selon le caractère génétique et le taux de testostérone” indique le Docteur Pierre Desvaux.

Qu’est-ce qu’une femme dite “fontaine” ?

Une femme dite “fontaine” évacue un liquide en quantité importante sous forme de ruissellement ou de jaillissement par l’urètre au moment du plaisir sexuel ou de l’orgasme. Pour comprendre les origines et la nature du liquide, Dr. Desvaux et Dr Samuel Salama ont mené une enquête. Les scientifiques ont recruté sept femmes fontaines, qui sont allées uriner avant d’avoir une relation sexuelle avec leur partenaire, ou avant de se masturber. Les chercheurs ont observé à l’aide d’une échographie la vessie des participantes avant la relation sexuelle, durant la période d’excitation et après l’expulsion du liquide. Bilan : Ils ont remarqué un remplissage de la vessie pendant l’excitation sexuelle suivie par le vide complet de celle-ci après l’excitation. L’expulsion de liquide serait ainsi une question de “lâcher-prise”.

Les chercheurs se sont donc rendus compte que le liquide avait la structure chimique de l’urine. Par ailleurs, certaines des femmes n’avaient pas de traces de PSA (antigène spécifique prostatique : une substance sécrétée par les glandes de Skene) dans le liquide. “On a essayé d’inventer un tas de choses pour dire que ce n’est pas de l’urine. Avec cette étude, beaucoup de gens ont admis que le liquide sortait de l’urètre”, informe le spécialiste.

“Beaucoup plus de femmes qu’on ne le pense peuvent être fontaines”, estime Docteur Pierre Desvaux. “Mais si vous ne l’êtes pas, vous ne passez pas à côté de la sexualité et du plaisir, souligne-t-il. Ce n’est pas un super-orgasme !”

Les tabous sur les femmes dites “fontaines”

Ce ruissellement est encore, pour l’heure, un sujet tabou. En effet, être une “femme fontaine” peut susciter la gêne, le dégoût, la honte, l’inquiétude voire même la peur. Résultat : ces femmes appréhendent le passage à l’acte avec leurs partenaires, qui peuvent parfois être surpris ou déconcertés par ce jaillissement. Cette émission peut parfois même poser un problème dans le couple.

Femme fontaine et orgasme

On pourrait être tenté de penser que la grande quantité d’évacuation de liquide féminin pendant un rapport sexuel est synonyme d’orgasme particulièrement intense. Or, cette abondance lors de l’éjaculation féminine ne rime pas toujours avec plaisir, et peut même dans certains, cas être mal vécu et affecter la libido. En effet, comme le précise le spécialiste, ce phénomène encore tabou peut venir perturber la fin de l’acte sexuel, et être source d’inquiétude pour les prochaines fois…

Cependant, ce phénomène d’éjaculation abondante de liquide pendant une relation sexuelle peut aussi indiquer un véritable lâcher prise, bénéfique pour le plaisir. “Dans notre cerveau, se trouve le centre du contrôle sociétal, le centre du qu’en dira-t-on en quelque sorte.”, explique le Docteur Samuel Salam, co-auteur de l’ouvrage.

“Sous l’effet d’une stimulation, notamment de leur point G, situé sur la face antérieure du vagin, certaines femmes peuvent éteindre ce centre, comme un bouton, contracter le périnée et lâcher leur urine, parfois en de longs jets puissants.”, poursuit-il.

Pour aller plus loin…
PRetrouvez de nombreuses autres informations dans le livre Femmes fontaines et éjaculation féminine, mythes, controverses et réalités, du Docteur Pierre Desvaux, Docteur Samuel Salama et Sylvie Nordheim, publié aux éditions Cherche midi.

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