Daniel Levi : un 7e album pour "être dans l’optimisme, aller de l’avant"

Découvert dans les années 2000 à travers son rôle de Moïse dans la comédie musicale Les dix commandements, le chanteur, auteur, compositeur et pianiste Daniel Lévi vient de publier un nouvel album : Grâce à toi. Un 7e opus très personnel, celui d’une renaissance après un long combat contre la maladie.

franceinfo : Vous faites votre grand retour avec la sortie de votre nouvel album Grâce à toi, c’est votre septième album. Vous revenez vraiment à vos premières amours avec cet album groovy.

Daniel Lévi : Oui. J’aime à dire qu’avec le temps, on a envie d’être encore plus proche de ce qu’on est, de ce qu’on défend, de ce qui vous touche le plus. Le groove oui mais il y a la ballade aussi, dans son aspect le plus noble, celle qui va chercher les émotions de l’âme.

Qu’on appelle la musique soul. On entend vraiment toute la tessiture de votre voix. Vous avez toujours maîtrisé cela et vous avez toujours eu une technique vocale assez puissante. Finalement, depuis que vous êtes tout petit ?

Oui. Je n’ai jamais pris un cours de chant. Je viens d’une famille nombreuse, dernier de sept enfants et je chantais porté par mes frères et sœurs, l’un au piano, l’autre à la guitare, l’autre à l’accordéon et il ne me restait que le tam tam donc j’ai commencé comme ça mais c’était formateur. Au niveau du groove, vous en parliez, la rythmique, puis je chantais donc j’étais le petit Michael Jackson avec mes sœurs qui faisaient les chœurs. Je chante à peu près tout ce dont j’ai envie et je n’ai pas de handicap. Ce qui me plaît, c’est d’être au service de la chanson ou de ce qu’elle demande pour exprimer le maximum.

Vous avez toujours été dans cette humilité. Vous avez toujours été dans “l’ombre” parce que vous êtes comme ça.

Je dirais que quand on est un soleil, on ne peut pas être en même temps dans l’ombre. 

L’humilité est une posture dans la vie, on n’a pas à la ramener.

à franceinfo

Cette pudeur, elle vient de vos parents ?

Sans doute. C’est un peu le sujet que j’ai voulu développer à travers cet album, qui est une façon d’être dans la reconnaissance. Sans l’autre, on n’existe pas. C’est en même temps ma pudeur qui caractérise un des traits de mon caractère et puis la façon de pouvoir et devoir exploser quand on est sur scène et quand on se met à nu. Et là, de la même façon qu’on est réservé, il s’agit de donner beaucoup de choses de soi et beaucoup de choses au public, on est dans une espèce d’engagement. C’est très paradoxal et très curieux.

Vous êtes toujours battu. Vous avez gagné contre la maladie, contre un cancer. Cet album est une victoire sur la vie ?

Alors je ne crie pas victoire aussi vite. La maladie reste sournoise et imprévisible mais je gagne des batailles. Je suis bien entouré et puis ça va dans le bon sens, on va dire.

C’est aussi ça Grâce à toi, c’est aussi une façon de rendre hommage à celles et ceux qui vous entourent, qui vous accompagnent ?

Bien sûr, ma femme en premier qui a été formidable. Vous parliez de la maladie, dans cette épreuve elle est très présente, elle m’embête aussi beaucoup, il faut que je le dise à la radio ! Ça reste un pilier. J’ai une famille formidable et puis, il y a des gens anonymes, de tous bords, de toutes confessions qui m’ont témoigné des choses, et qui vous donnent envie de continuer.

Vous avez pas mal d’auteurs sur cet album. Pourquoi vous ne vous faites pas un peu plus confiance sur l’écriture ?

Vous avez touché du doigt le problème, c’est un maître-mot chez moi : la confiance. Paradoxalement encore, j’ai toujours eu un déficit de confiance. J’ai choisi trois auteurs : Frédéric Zeitoun, Ralph Adamson et Marc Elya qui a écrit la majorité des textes.

Cet album, c’est vous. Ça se termine par une chanson qui s’appelle Je vais bien. Une façon de rassurer tout le monde et de vous rassurer vous-même aussi sur le fait que vous regardiez devant maintenant ?

Exactement. Il y avait une histoire de volonté d’être dans l’optimisme, d’aller de l’avant et d’être dans l’attraction positive.

Je voudrais revenir à vos débuts parce que quelque part, c’est un retour à vos premières amours. D’où vient Daniel Lévi, ça c’est une vraie bonne question! Vous avez été engagé par les studios Disney pour cette musique, incontournable parce qu’évidemment quand on est une petite fille on ne peut pas passer à côté de la chanson Ce rêve bleu avec Karine Costa. Elle a changé votre vie ?

Ça m’a fait rêver parce que faire partie du patrimoine de Disney, c’est une grande chose. En plus, je crois qu’à l’époque, Walt Disney n’était pas au summum de sa popularité et avec le film Aladin qui était une réussite, j’ai juste contribué au générique de fin mais c’était pour moi un premier contact avec le grand public.

En 2000, il y a un énorme tournant dans votre carrière, vous allez incarner Moïse dans la comédie musicale d’Elie Chouraqui et Pascal Obispo Les dix commandements. Là, vous touchez vraiment le sommet.

J’avais tellement de choses à prouver quand j’ai chanté ça ! Je me rappelle, c’était un après-midi et quand je suis sorti de studio, je savais que j’avais marqué de mon empreinte quelque chose. J’avais les larmes aux yeux quand je suis sorti de ce studio parce que je savais que j’avais laissé quelque chose de tellement intense qui me caractérisait à ce moment-là, peut-être tellement forte qu’elle a fait de l’ombre à ce que j’ai pu faire un peu après. Mais heureusement je me rattrape avec ce nouvel album dans lequel il y a des chansons qui sont à la hauteur mais c’est gratifiant de savoir qu’on a chanté pour le patrimoine de la chanson française.

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