Tilda Swinton : "Les femmes ont toujours fait des films et le feront toujours"

L’actrice britannique était la quatrième invitée des talks Women In Motion au festival de Cannes. Elle y est revenue sur ce l’amène vers un rôle ou un film. Et sur l’importance de la transgression, force motrice du cinéma.

Elle est l’une des stars internationales présentes, cette année, sur les marches du palais des festivals. Tilda Swinton est sur la Croisette pour trois films : The French Dispatch de Wes Anderson, Memoria de Apitchapong Weerasethakul, et The Souvenir II, de Joanna Hoog. Et s’est arrêtée, le temps d’une heure, dans la suite Kering du Majestic le temps d’un talk Women In Motion, pendant le 74e Festival de Cannes. A 60 ans, la Britannique, que l’on a aussi bien pu admirer chez les frères Coen, Luca Guadagnino ou Bong Joon-Ho qu’en sorcière blanche dans Le Monde de Narnia, reste l’une des actrices les plus insaisissables, et les plus admirées du moment. Elle est revenue sa manière de choisir ses rôles, la place des femmes au cinéma, et l’art de la transgression qui caractérise toute sa carrière.

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L’autre avant tout

«Je ne me considère pas comme une actrice. Je ne pense pas à moi en ces termes. Je ne choisis pas des rôles. Je choisi des gens avec qui j’ai envie de travailler.» Tilda Swinton l’a affirmé avec force : ce qui motive ses choix dans une carrière sans fautes, c’est avant tout les relations qu’ils lui permettent de nouer ; qu’il s’agisse de Apitchapong Weerasethakul, qu’elle a rencontré il y a une dizaine d’années ou de Joanna Hogg, avec qui elle a tourné The Souvenir I et II, dans lequel donne la réplique à sa fille, Honor, dont c’est le premier film. «Ma relation avec Joanna Hoog est l’une des plus longues de ma vie. C’est ce qui permet de suivre ses désirs jusqu’au bout. On n’a pas besoin de s’expliquer.»

Une «nerd» du cinéma

C’est avec la même curiosité que l’actrice aborde également ses rôles dans des films plus grands publics, qu’il s’agisse de Constantine, dont elle rêverait de tourner une suite, au Monde de Narnia : «Je suis une “nerd” (une fan obsessionnelle, NDLR) du cinéma, et ce sont d’autres “nerds” que j’ai rencontrés dans ce milieu.» Celle que l’on a vu notamment chez Marvel en magicienne et experte en arts martiaux, dans Dr. Strange, a souligné que les films issus de grands studios dans lesquels elle avait joué comportaient toujours un côté «expérimental» : «J’aime quand un réalisateur ne sait pas encore comment il va parvenir au résultat qu’il recherche. Et je veux être là quand il va y arriver.» Un aspect essentiel pour celle qui considère le cinéma comme un médium qui, par excellence, abolit et dépasse toutes les frontières. Une vertu qu’il est indispensable de ne pas “gâcher”».

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Amplifier les voix des femmes

Tilda Swinton a également abordé la place des femmes dans le cinéma. En martelant une chose : «Les femmes font des films. L’ont toujours fait. Le feront toujours. Il faut avoir confiance en nous.» Pour elle, c’est là tout l’enjeu du rôle qu’elles doivent jouer aujourd’hui : ne pas forcément «se battre pour faire quelque chose de nouveau, car c’esr déja souvent le cas. Mais pour que tout ce que nous faisons soit amplifié.» Un message fort porté par une voix qui, aujourd’hui, est de celles qui porte haut la liberté créative. Sans limites.

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