Noël 2020: 5 romans qui vont vous bouleverser à glisser sous le sapin

Vous avez envie d’offrir à Noël des romans qui vont emporter ceux que vous aimez, les faire vibrer et peut-être même pleurer? Alors suivez le guide!

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Dernière semaine avant Noël ! Vous souhaitez déposer des livres au pied sapin, mais n’avez aucune idée desquels choisir au-delà duGoncourt 2020, remporté par Hervé Letellier avec L’Anomalie (Gallimard) ? C’est bien pour ça que nous sommes là! En ce mois de décembre, nous vous avons déjà conseillé 10 BD et beaux livres immanquables et cinq romans extra. Parmi eux : Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier (éd. de Minuit, 640 p., 24 €), Les évasions particulières de Véronique Olmi (Albin Michel, 512 p., 21,90 €) 2030 de Philippe Djian, (éd. Flammarion, 216 p. , 20 €) Elle a menti pour les ailes de Francesca Serra (éd. Anne Carrière, 480 p., 21€) et Ce qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin (éd. La Manufacture des livres, 192 p. 16,50 €)

Aujourd’hui ce sont cinq romans bouleversants que nous vous conseillons de lire.

1. Saturne, de Sarah Chiche éd. Du Seuil, 208 p. 18 €


Les derniers mots de ce livre le décrivent parfaitement: “Tout est splendide“. Avec ce quatrième roman sombre mais lumineux Sarah Chiche confirme qu’elle a autant de panache que de talent. Elle signe un texte mélancolique qui nous touche à double titre : par la justesse et la beauté de son écriture ciselée et par l’histoire poignante, la sienne, qu’elle raconte par fragments. Celle de l’amour contrarié entre une mère à l’effroyable beauté et un père, mort à 34 ans quand elle avait quinze mois. Elle dit ce que c’est que de se laisser coloniser par le manque, ce que c’est que tomber à cause des mensonges et des deuils en série dont elle ne se serait pas relevée sans l’écriture. La fin est à l’image du livre : sublime.

2. Sale Bourge de Nicolas Rodier, éd. Flammarion, 224 p. 17 €


On ne lit pas souvent de romans écrits de ce point de vue -là. Du point de vue de celui qui commet la violence (et s’en veut) parce qu’il l’a subie dans son enfance. Cette rareté et cette sincérité, voilà ce qui fait la force de ce premier roman. Pierre a frappé sa femme, parce que sa mère le frappait. On sait d’emblée qu’il est condamné à quatre mois de prison pour violence conjugale. Né dans un milieu privilégié, il décrit son enfance, son adolescence, sa jeunesse, son mariage puis le jugement. Sans commentaire, juste les faits. Nicolas Rodier signe un roman terrible, fort et glaçant, sur la violence dont on hérite malgré soi.

3. Le cœur synthétique de Chloé Delaume, Seuil, 208 p., 18 €


On a toutes en nous un peu d’Adélaïde, cette célibataire qui s’imagine qu’elle va épouser les hommes qu’elle rencontre. A 46 ans, elle découvre, avec un peu d’avance, l’invisibilité qui frappe de plein fouet la femme de cinquante ans. Malgré les copines, elle peine à apprivoiser la solitude. Alors elle parle à son chat, enquille des gins tonics et google ses ex. Le héros de cette histoire, c’est son cœur qui cogne et saigne. A l’unisson du nôtre. Chloé Delaume dit la violence que c’est pour une femme d’atteindre la date de péremption, de devenir socialement “un fantôme sur le marché de la viande avariée“. Elle signe une comédie sociale décapante, d’une justesse rare. Aussi drôle que triste. Qui a décroché le prix Médicis ! A.C.

4. L’intimité d’Alice Ferney, Actes Sud, 368 p., 22 €


Alice Ferney pose sur ses personnages un regard aussi éclairé qu’acéré, dévoile leur intimité et nous conduit ainsi à questionner la nôtre. Il y a Alexandre qui tanne Ada pour avoir un enfant parce qu’élever son fils à elle ne lui suffit pas. Il y a Sandra, une libraire féministe, qui aime s’envoyer en l’air mais préfère rester célibataire. Et puis il y a Alba qui rêve de distinguer la sexualité de la procréation pour avoir un enfant sans devoir le faire. Un drame inaugural lie ces personnages et nous y attache. Alice Ferney réussit un grand roman, très dense avec des dialogues époustouflants de finesse et d’intelligence, presque philosophiques. Elle explore les failles, les chagrins, les désirs, les contradictions de chacun, les malentendus qui séparent souvent les hommes des femmes, les entêtements qui peuvent nous conduire au pire. Elle parle de notre société, de sexe, de parentalité, de toutes les façons possibles de devenir mère, des progrès de la médecine mais aussi d’éthique évidemment.

5. La belle lumière d’Angélique Villeneuve, éd. Le passage, 240 p., 18 €

Hélène Keller, cette fillette sourde, muette, aveugle, on connaît son destin extraordinaire. Sa mère en revanche est restée dans l’ombre. Angélique Villeneuve se glisse ici dans son corps et dans sa tête pour raconter sa souffrance, son combat, sa ténacité. D’elle qui a vécu dans l’Alabama de la fin du XIXe siècle, dévasté par les tensions raciales, elle ne savait presque rien. Alors elle s’excuse avec pudeur : “Pardon si j’ai été trop loin. J’ai cru, peut-être à tort, que les épreuves que nous avons traversées l’une et l’autre pouvaient nous rapprocher, effaçant les années et les mers“. Les “épreuves“, c’est un pauvre mot qui tait le suicide de son fils de 21 ans, qu’Angélique Villeneuve a raconté dans le sublime et insoutenable Nuit de Septembre. Cela laisse imaginer l’infinie justesse et la sensibilité folle avec laquelle elle transpose la douleur de Kate Keller. Douleur de comprendre qu’à 19 mois sa fille ne peut ni entendre, ni parler, ni voir. Douleur de devoir la confier à une étrangère, la professeure Ann Sullivan, pour lui donner une chance de sortir de son enfermement. Douleur de laisser partir à 7 ans, de la perdre pour la sauver.

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