Le Bazar de la charité : "C'était frustrant de ne pas tourner l'incendie" confie Audrey Fleurot

Gros succès d’audience pour TF1, “Le Bazar de la charité” continue demain soir avec deux nouveaux épisodes. Audrey Fleurot, l’interprète d’Adrienne, nous a teasé la suite de l’intrigue et est revenue sur le côté “frustrant” de son rôle.

AlloCiné : Le Bazar de la charité est une série très ambitieuse pour TF1. C’est cet aspect-là qui vous a tout de suite emballée ?

Audrey Fleurot : Oui, je savais qu’ils allaient mettre les moyens et j’aimais beaucoup le côté Alexandre Dumas, grande fresque historique. C’est un genre que j’aime beaucoup en tant que spectatrice et qu’on ne s’autorisait plus trop à faire en France. J’étais ravie de faire partie d’un projet aussi ambitieux. Et puis c’est chouette que Netflix soit partenaire de la série car grâce à cela on touche un public très large.

Votre personnage, Adrienne De Lenverpré, est une aristocrate prête à tout pour s’émanciper. Qu’est-ce qui vous a plu chez elle à la lecture des scénarios ?

Son côté hyper courageux. C’était une époque où les femmes n’étaient définies que par leur mari, elles n’étaient pas tellement habituées à penser par elles-mêmes, elles n’avaient pas d’argent qui leur était propre. La vie consistait à être l’apparat du mari. Donc cette femme qui profite du drame de l’incendie pour se faire passer pour morte et pour redémarrer sa vie de zéro, et ne plus se définir à travers un homme, c’est extrêmement courageux pour l’époque.

On se doute que vous ne pouvez pas trop spoiler, mais à quoi peut-on s’attendre dans les épisodes à venir ?

L’incendie est le point de départ et le prétexte à suivre ces trois destinées de femmes qui chacune vont s’émanciper dans des styles différents. Mais c’est aussi comment à travers ces trois personnages féminins on suit trois grandes familles, et donc toute une galerie de personnages. C’est le Paris du 19ème siècle. Et on peut évidemment s’attendre à beaucoup de romanesque. À une dimension politique aussi avec les anarchistes. Et toute l’enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé au Bazar. Car évidemment puisqu’il n’y a quasiment que des femmes de la haute bourgeoisie qui sont mortes ça prend une ampleur folle. Tout le monde veut savoir ce qui s’est passé. Certains essayent d’en profiter politiquement.

Et puis ce ne sont que des questions qui sont extrêmement contemporaines finalement, c’est ça qui est assez étonnant. De se dire qu’en fait ça n’a pas tellement bougé. Les problématiques d’aujourd’hui sont à peu près les mêmes. Pour moi c’est une vraie réussite de la série : sa modernité. Dans son propos mais aussi dans le langage utilisé. Et je pense qu’aujourd’hui on a compris qu’une série historique se doit d’être extrêmement moderne. On le voit dans les série britanniques notamment. Et par-dessus tout ça il y a une vraie notion de romanesque et de divertissement pur dans Le Bazar de la charité qui me plaît beaucoup. Avec le charme de l’époque qui crée une sorte de distance, que ce soit par le biais des costumes, des coiffures, des décors.

Est-ce que ce n’était pas un peu frustrant pour vous de ne pas participer au tournage des séquences d’incendie ?

C’est vrai que c’était un peu frustrant de pas tourner l’incendie. Bon ça a duré dix jours et j’ai cru comprendre que ça n’avait pas été de la tarte à tourner pour mes camarades. Mais comme l’incendie est finalement le rôle principal du premier épisode, c’est un peu frustrant de ne pas y avoir participé. J’aurais bien aimé en faire partie. Mais il y a des pour et des contre, vraiment (rires).

Vous partagez beaucoup de scènes avec François-David Cardonnel dans la série. Comment s’est passé le tournage avec lui ?

Super bien. C’est un très bon camarade. On n’avait jamais travaillé ensemble et ça a tout de suite été très simple et très immédiat. C’est une chouette rencontre et après avoir vu les deux premiers épisodes je trouve que la relation entre les deux personnages fonctionne vachement bien. Je suis très contente.

Et avec Camille Lou et Julie de Bona, est-ce que vous allez finir par vous croiser à un moment donné ?

Non, ça aussi c’est un peu frustrant. On fait partie toutes les trois de ce grand truc et, même si Camille et Julie se croisent un petit peu, moi mon destin est totalement en parallèle. Et du coup je n’ai pas de scènes avec elles. Mais il y a beaucoup de comédiens avec qui je n’ai pas tourné finalement. La plupart de mes scènes sont vraiment avec Gilbert Melki, François-David, Stéphane Guillon, la fille d’Adrienne, et le petit garçon qui va pas mal l’aider. Mais c’est vrai que c’est un destin de personnage qui s’entrecroise peu avec les autres femmes.

On vous retrouvera prochainement, sur TF1 toujours, dans HPI, une nouvelle série policière dont vous serez la star. En quoi, selon vous, va-t-elle se démarquer de toutes les autres séries policières mettant en scène un duo atypique formé d’un flic et d’un consultant ?

L’idée c’est vraiment ce personnage qui est une sorte d’Erin Brockovich gilet jaune zadiste. J’ai l’impression qu’elle incarne un peu la société du moment. Je trouve qu’on ne l’a pas vue encore à la télévision. Et finalement l’enquête policière est un prétexte à comédie et à histoires fortes sur des sujets sociaux du moment. J’ai envie que l’enquête soit vraiment une porte d’entrée à beaucoup d’autres choses.

Et vous tournez aussi en parallèle la dernière saison d’Engrenages. Qu’est-ce que ça vous fait de mettre un point final à cette aventure ?

Je trouve qu’en télévision c’est important de ne pas faire la saison de trop. Donc je pense vraiment qu’Engrenages s’arrête au bon moment. Mais je suis très contente de cette dernière saison. C’est une saison qui tournera essentiellement autour du sujet des migrants. Voilà ce que je peux en dire.

Propos recueillis le 13 septembre 2019 dans le cadre du festival de La Rochelle.

La bande-annonce du Bazar de la charité, qui continue ce soir sur TF1 :

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