Apocalypse : La Guerre des mondes (France 2) Daniel Costelle : "La guerre est la maladie du genre humain"

À l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin, Daniel Costelle et Isabelle Clarke nous offrent une nouvelle série, en six volets et deux soirées. Explications.

Pour vous, la Guerre froide débute en juillet 1945, à la conférence de Potsdam, alors même que le conflit avec le Japon se poursuit. Pourquoi ?

Daniel Costelle : Cette conférence marque la rupture avec l’équilibre que les coalisés avaient trouvé à Yalta. Joseph Staline y fait preuve d’une volonté de domination sur ses interlocuteurs, Churchill et Truman.

Vous montrez une séquence assez révélatrice de l’état d’esprit du dirigeant soviétique…

Oui, c’est un rush qu’on a déniché en Russie. On y voit Staline, au début de la conférence, qui oblige le Président Truman, déjà assis, à se lever pour l’autoriser ensuite à se rasseoir. Le dictateur russe veut ainsi montrer qu’il est le patron, le maître du jeu.

Pour quelle raison avoir appelé cette série La Guerre des mondes plutôt que La Guerre froide ?

Comparé aux conflits que l’Europe occidentale a connus, celui-ci l’a plutôt épargnée. Il englobe les Trente Glorieuses, période de paix et de prospérité. Mais le communisme pousse ses fers dans d’autres parties du monde déchirées par des guerres meurtrières.

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Quel est le premier conflit de la Guerre froide ?

La guerre d’Indochine, qui débute en 1946. Nous avons des images rares du leader communiste vietnamien Hô Chi Minh tournées la même année, alors qu’il séjourne en France, à Biarritz, dans la résidence de Jean Sainteny, délégué du gouvernement français auprès du Nord Vietnam. On le voit à Paris assister, dans la tribune officielle, au défilé du 14-Juillet, aux côtés des généraux Juin et de Lattre de Tassigny. Dans un autre épisode, on le voit embrasser sur la bouche, à la mode russe, non pas Khrouchtchev, mais tout le Politburo.

L’une des grandes menaces de la Guerre froide était la bombe atomique. Vous évoquez l’horloge de l’Apocalypse. Qu’est-ce exactement ?

Pendant près de cinquante ans, on a frôlé l’anéantissement. Des scientifiques de Chicago ont créé, en 1947, une horloge virtuelle qui analyse les périls menaçant la planète, et sur laquelle minuit représente la fin du monde. Elle a atteint 23 h 58 en 1953, avec les premiers essais de bombes thermonucléaires américaines et russes. Le 31 décembre 1991, après la chute du Mur de Berlin, l’aiguille est revenue à 23 h 43. Depuis 2007, l’horloge prend également en compte les dangers du changement climatique, la prolifération des armes et du terrorisme nucléaire. Désormais, elle pointe à 23 h 58 !

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Relater l’histoire récente, encore vive ou douloureuse dans les mémoires, n’est-ce pas prendre le risque de s’exposer à des procès d’intention ?

Nous avons montré la série à différents historiens, qui l’ont trouvé juste. Le manuel d’Histoire de la classe de troisième de chez Hatier est même estampillé Apocalypse. Notre ton est bienveillant, jamais polémiste. Depuis que nous avons lancé cette collection, voilà dix ans, notre travail ne vise qu’à montrer combien la guerre est épouvantable. C’est la maladie du genre humain. 

Apocalypse : La Guerre des mondes (1945-1991), est à suivre mardi 5 novembre à 21h05 sur France 2

Interview Hacène Chouchaoui

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