Vaccins, évolution de l’épidémie : les prévisions plutôt encourageantes de Karine Lacombe

L’arrivée des vaccins est une lueur d’espoir dans ce contexte d’épidémie de Covid-19. Mais la circulation de plus en plus importante des variants du Sars-CoV-2 vient assombrir le tableau. Malgré cette situation inquiétante, l’infectiologue Karine Lacombe fait des prévisions plutôt encourageantes concernant l’évolution de l’épidémie de coronavirus.

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Trois millions. C’est le nombre de doses de vaccins contre la Covid-19 qui ont été injectées en France depuis le début de la campagne, lancée en décembre 2020. Mais l’arrivée des premiers vaccins un an seulement après le début de l’épidémie a soulevé de nombreuses interrogations. Sont-ils réellement efficaces contre la Covid-19 ? Sont-ils bien tolérés ? Font-ils effet sur les variants ? Vont-ils permettre d’endiguer la pandémie de coronavirus ? Karine Lacombe, chercheuse et infectiologue spécialiste du VIH, des hépatites et de la Covid-19 à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, livre ses réponses.

Covid-19 : “Rien ne nous dit qu’on n’aura pas énormément de vaccins d’ici quelques mois”

Les premiers à avoir bénéficié du vaccin en France sont les personnes âgées résidant dans les Ehpad et les unités de soins de longue durée (USLD) ainsi que les professionnels y travaillent. Depuis, la vaccination a été ouverte à d’autres catégories de la population. Le 25 février prochain, une nouvelle étape débutera et concernera les personnes âgées de 50 à 64 ans ayant des comorbidités : elles pourront se faire vacciner chez le médecin généraliste.

L’objectif ? Que tous les Français qui le souhaitent puissent être vaccinés “d’ici la fin de l’été”, selon les mots du président de la République. Pas moins de 8 millions de premières injections sont ainsi espérées fin mars dans l’Hexagone.

Pourtant, au début de la campagne, le rythme de vaccination a été pointé du doigt, car jugé trop lent. Karine Lacombe se montre néanmoins rassurante : “Evidemment, ce n’est pas assez, on a envie d’aller beaucoup plus vite. On est très contraint par le nombre de vaccins mis actuellement à disposition. J’espère que cela va s’amplifier, mais il y a six mois on ne pensait même pas qu’on aurait des vaccins pour janvier donc rien ne nous dit (…) qu’on n’aura pas énormément de vaccins disponibles d’ici quelques mois pour pouvoir vacciner une grosse majorité de la population française d’ici la fin de l’été”, explique-t-elle.

Un possible “retour à la vie normale au deuxième semestre 2021” ?

Trois vaccins sont désormais disponibles dans l’Hexagone : celui de Pfizer/BioNTech, de Moderna, et d’AstraZeneca. En plus d’être “très bien tolérés”, comme l’affirme Karine Lacombe, “ils ont tous une efficacité supérieure à 70 %”, ajoute-t-elle.

Quid de leur effet sur les variants, qui circulent en France depuis plusieurs semaines et qui inquiètent de par leur plus grande contagiosité ? L’infectiologue assure qu’ils sont efficaces sur les variants les plus répandus. Cependant, “il y a peut-être pour certains vaccins une diminution de l’efficacité” sur les variants moins courants en Europe et en particulier en France, comme le sud-africain ou le brésilien, précise-t-elle.

La vaccination reste néanmoins la solution la plus efficace pour endiguer l’épidémie. “Plus on réduira la circulation du virus dans son ensemble, moins on aura de possibilité de laisser de la place aux variants de se développer”, souligne Karine Lacombe.

Malgré la situation sanitaire préoccupante, l’infectiologue fait des prévisions plutôt encourageantes : “J’espère très sincèrement qu’on verra des éclaircies d’ici l’été avec une confirmation à l’automne et peut-être un retour à une vie vraiment plus normale au deuxième semestre de l’année 2021″, conclut-elle.

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