"Syndrome de Wendy" : quand prendre soin des autres devient une obsession

Vous avez le sens du sacrifice et prendre soin de votre entourage au détriment de votre propre bien-être est une seconde nature chez vous ? Vous souffrez peut-être de ce que l’on appelle le “syndrome de Wendy”. De quoi s’agit-il et comment le reconnaître ? Eléments de réponse.

On connaît tous Peter Pan, ce personnage de fiction créé par l’auteur écossais James Matthew Barrie et notamment popularisé par son adaptation à l’écran par Disney. La particularité de Peter Pan est qu’il ne veut pas grandir. En s’intéressant à cette spécificité, le psychanalyste américain Dan Kiley développe en 1983 le concept de “syndrome de Peter Pan”. Dans son livre intitulé Le syndrome de Peter Pan, ces hommes qui ont refusé de grandir, il décrit ces personnalités comme “narcissiques, émotionnellement immatures, socialement irresponsables et dépendantes”. A partir de l’histoire de Peter Pan, Dan Kiley définit ensuite un autre concept : celui du “syndrome de Wendy”.

Syndrome de Wendy : un grand sens des responsabilités

Wendy Darling est une jeune fille issue d’une famille aisée qui raconte les histoires de Peter Pan à ses frères. Un matin, elle se fait réveiller par Peter Pan et s’envole vers le pays imaginaire. A l’inverse de ce dernier qui ne veut pas grandir, Wendy se montre particulièrement adulte et responsable. En 1985, Dan Kiley écrit l’ouvrage Le dilemme de Wendy, quand les femmes cessent de materner leurs hommes, dans lequel il décrit ce syndrome, qui se caractérise par le besoin constant d’aider et de satisfaire les autres.

Si ce syndrome – tout comme celui de Peter Pan – n’est pas répertorié officiellement comme une pathologie, il fait référence à un parent ou un conjoint qui permet à la personne touchée par le syndrome de Peter Pan de rester enfant en faisant les choses à sa place. Ce qui différencie Wendy et Peter Pan, c’est donc leur sens des responsabilités : Wendy est mature, tandis que le comportement de Peter Pan est enfantin.

Dès leur rencontre, ces traits de caractère se dessinent : tandis que Peter Pan est à la recherche de son ombre, Wendy la lui recoud, signe que c’est elle qui prend les choses en main. “Wendy est la femme derrière Peter Pan. Il doit y avoir quelqu’un qui s’occupe des choses que Peter Pan ne fait pas pour que Peter Pan existe”, note Humbelina Robles Ortega, professeure au département d’études de la personnalité et de psychologie de l’Université de Grenade (Espagne), qui a réalisé une étude sur le syndrome de Peter Pan.

Le syndrome de Wendy fait percevoir l’amour comme un sacrifice

Le syndrome de Wendy toucherait davantage les hommes que les femmes et pousserait les personnes qui en souffrent à assumer touches les tâches et les responsabilités afin de faciliter la vie des autres. Et ce, au détriment de leur propre bien-être. Selon la psychologue clinicienne espagnole Anna Gimeno, qui a écrit un article sur le sujet pour le site Psicologia y Mente, les personnes concernées par ce syndrome se sentent indispensables pour les autres et perçoivent l’amour comme un sacrifice.

Elles “ressentent le besoin de prendre soin des autres et de les protéger en assumant une figure maternelle. Elles finiessent par assumer le rôle de père ou de mère auprès de leur partenaire”, écrit-elle. Le syndrome de Wendy se caractérise également par le fait d’éviter les conflits et de chercher à tout prix à faire plaisir à son entourage.

Syndrome de Wendy : un grand besoin de sécurité

Autant de particularités qui traduisent un manque de confiance en soi et un besoin de sécurité. Le syndrome de Wendy peut donc avoir de lourdes répercussions, comme l’anxiété ou même la dépression. Son origine se trouverait dans l’enfance de la personne qui en souffre, au cours de laquelle cette dernière s’est probablement “non protégée, de sorte qu’à l’âge adulte, elle compense ce manque de protection en assumant le rôle des parents absents ou des parents qu’elle aurait souhaité avoir”, indique la psychologue clinicienne.

Pour venir à bout du syndrome de Wendy, Humbelina Robles Ortega, indique que la seule solution est un suivi psychologique adapté, centré sur la personne qui en souffre, mais aussi sur son partenaire et sa famille.

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