Migraine pendant la grossesse : comment la soulager ?

Quelle prise en charge pour les femmes enceintes qui souffrent de migraines ? Quels sont les médicaments autorisés en cas de crise ? Zoom.

Restez informée

Migraines, céphalées de tension et maux de tête : quelles différences ?

Attention : il ne faut pas confondre le ” mal de tête “, les céphalées de tension et la migraine. Les maux de tête sont fréquents dans la population puisque les experts estiment qu’1 personne sur 2 en a régulièrement après l’âge de 15 ans : il s’agit d’une douleur centrée sur la région crânienne qui dure habituellement moins de 2 heures. Le ” mal de tête ” peut être plus ou moins intense, plus ou moins localisé sur le crâne… Il est généralement bénin.

Les céphalées de tension sont une catégorie particulière dans la grande famille des maux de tête : elles sont liées au stress, à la fatigue et à la tension psychologique. Les céphalées de tension se caractérisent par une douleur continue (d’intensité légère à modérée) et diffuse (toute la tête, pas de ” point “). Elles s’accompagnent d’une impression de ” tête vide ” avec des difficultés à se concentrer ou au contraire d’une sensation de ” tête lourde “. Il n’y a ni nausées, ni vomissements, ni sensation de ” battements de cœur dans la tête ” ; les céphalées de tension ne s’aggravent pas à l’effort.

20 % des femmes souffrent de migraine : cette maladie neurologique se caractérise par une excitabilité neuronale anormale et se développe notamment à la faveur de facteurs génétiques (il existe des ” familles de migraineux “). C’est une pathologie qui évolue à travers des crises plus ou moins fréquentes et plus ou moins intenses.

On distingue deux types de crises migraineuses : les crises de migraine sans aura (qui sont les plus fréquentes, avec des nausées, des vomissements, une hypersensibilité à la lumière et au bruit, une douleur d’un seul côté du crâne, une sensation de ” battements de cœur dans la tête “, une douleur qui s’aggrave à l’effort physique) et les crises de migraine avec aura (qui concernent 20 % à 30 % des migraineux, avec des troubles visuels : le patient voit des points, des taches brillantes, des trous…).

À savoir. Environ 1 femme migraineuse sur 3 souffre de crises de migraine sans aura au moment de ses règles : on parle de migraine menstruelle ou de migraine cataméniale.

Migraine : comment évolue-t-elle pendant la grossesse ?

Bonne nouvelle : selon la Société Française d’Études des Migraines et Céphalées (SFEMC), chez 60 % à 70 % des femmes migraineuses, la maladie s’atténue au cours de la grossesse, en particulier grâce aux changements hormonaux (augmentation du taux d’œstrogènes dans le sang).

Cette amélioration concerne surtout les femmes souffrant de migraines cataméniales (que l’on appelle aussi ” migraines menstruelles “) et survient généralement dès le premier trimestre de grossesse. Toutefois, certaines femmes migraineuses peuvent continuer à souffrir de migraines pendant toute leur grossesse et, chez une petite minorité, il existe même une aggravation.

Par ailleurs, chez les femmes habituellement non-migraineuses, une crise de migraine avec aura peut avoir lieu au cours du premier trimestre de grossesse en raison des bouleversements hormonaux : le diagnostic de migraine n’est toutefois pas forcément posé puisqu’il peut être question d’un autre problème de santé. Même chose dans les jours qui suivent l’accouchement : une crise de migraine peut survenir à cause de la chute brutale du taux d’œstrogènes, même chez les femmes normalement non-sujettes aux migraines.

À savoir. Pendant la grossesse, les femmes sujettes aux migraines sont particulièrement surveillées. En effet, plusieurs études ont montré que les femmes enceintes migraineuses avaient un risque accru d’hypertension gravidique, de pré-éclampsie et d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Migraine pendant la grossesse : quels sont les traitements autorisés ?

Attention ! Comme le rappelle le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT), l’automédication est fortement déconseillée chez la femme enceinte. Cela concerne bien sûr les médicaments, mais aussi les ” remèdes naturels ” – comme les huiles essentielles, les compléments alimentaires, les fleurs de Bach… Un avis médical est absolument nécessaire avant la prise de tout traitement, naturel ou pas.

En cas de crise de migraine pendant la grossesse, quels sont les médicaments autorisés ? Du côté des médicaments anti-douleur (antalgiques), le CRAT recommande le paracétamol (Doliprane®) quel que soit le terme de la grossesse. Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) peuvent être utilisés de façon ponctuelle avant 24 semaines d’aménorrhée (soit 22 semaines de grossesse ou 5 mois de grossesse) mais uniquement sur avis médical. Au-delà de 24 semaines d’aménorrhée, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens sont strictement interdits.

Si un médicament de la famille des triptans (des vasoconstricteurs puissants qui agissent essentiellement sur les vaisseaux crâniens) est nécessaire et que sa prise est validée par un professionnel de santé, on préférera le Sumatriptan® dont les effets sont les mieux connus pendant la grossesse. Le CRAT précise que ” les données publiées chez les femmes exposées au sumatriptan en cours de grossesse sont très nombreuses et rassurantes “.

À éviter. En cas de crise de migraine pendant la grossesse, il est préférable d’éviter l’ergotamine (Gynergene® Cafeine) qui est responsable de malformations chez le rat – fentes palatines et raccourcissements des doigts, en particulier. On évite également la dihydroergotamine (Diergospray®), un puissant vasoconstricteur dont les effets sont mal connus durant la grossesse.

Quel traitement de fond en cas de migraine pendant la grossesse ?Le CRAT valide l’amitriptyline (Élavil®, Laroxyl®), le propranolol et le métoprolol (Lopressor®, Seloken®) si un traitement de fond contre la migraine est nécessaire durant la grossesse. En revanche, la flunarizine (Sibelium®) est à éviter puisque ses effets pendant la grossesse sont mal connus. Le topiramate (Epitomax®) est à bannir puisqu’il expose à un risque plus élevé de fente labio-palatine et de petit poids de naissance.

Migraine pendant la grossesse : que peut-on faire en prévention ?

Comme l’explique l’Inserm, les crises de migraine (avec ou sans aura) sont notamment déclenchées par les facteurs suivants :

  • les variations émotionnelles (positives ou négatives),
  • le surmenage et les efforts physiques intenses,
  • le manque ou l’excès de sommeil,
  • les changements alimentaires (sauter un repas, faire un repas trop copieux…),
  • les expositions sensorielles (être exposée à des lumières ou à des odeurs fortes…).

Les experts de l’Inserm recommandent aux migraineux/-ses d’adopter des horaires de sommeil réguliers, de ne pas sauter de repas, d’avoir une bonne hydratation, de s’échauffer avant une séance de sport et d’éviter les activités sportives trop intenses. Bien sûr, cela vaut aussi pendant la grossesse…

Sources :

Inserm

Société Française d’Etudes des Migraines et Céphalées (SFEMC)

Revue médicale suisse

Source: Lire L’Article Complet