Gérald Marie, ancien patron de l'agence Elite et ex-mari de Linda Evangelista, est accusé de viols

Une enquête, ouverte notamment pour viols sur mineures, vise l’ancien directeur Europe de l’agence de mannequins Elite, marié un temps au supermodel canadien.

De Paris à Milan, Gérald Marie a longtemps été l’un des agents de mannequins les plus influents de la planète mode. Celui qui a popularisé le concours Elite Model Look à la fin des années 1980. Lui aussi qui a lancé la carrière de Naomi Campbell. Toujours en activité dans l’agence parisienne Oui Management à 70 ans, l’ancien directeur Europe d’Elite est aujourd’hui accusé d’«agression sexuelle» et de «viol» par plusieurs femmes.

Selon les informations de 20 Minutes, une plainte pour «agression sexuelle» a été déposée la semaine dernière par une journaliste britannique, accompagnée de signalements pour «viol sur mineure», «viol» et «agression sexuelle» de trois anciens mannequins. Signalements qui ont déclenché l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris, confirme l’AFP ce lundi 28 septembre.

“Si tu veux travailler, il faut me baiser”

Gérald Marie en compagnie d’un jeune mannequin. (En 2003.)

À la fin des années 1970, Gérald Marie se forge un nom en devenant l’un des agents de mannequins les plus redoutables. Il est réputé aussi bien pour négocier les contrats des modèles que pour, dit-on à l’époque, les inviter dans son lit. «Il aimait coucher avec les filles. Sa philosophie, c’était ”Si tu veux travailler, il faut me baiser”», lâchait le photographe Jacques Silberstein dans le magazine Model en 2011.

Quelque temps plus tard, il rejoint – quand même – Elite comme partenaire et prend la tête des affaires européennes, malgré les premières réticences de John Casablancas, le fondateur de l’agence. Dans son bureau comme dans sa vie amoureuse, les mannequins défilent. «Certaines sont majeures, d’autres pas», écrit 20 Minutes. En 1987, il finit par épouser la Canadienne Linda Evangelista, l’une des supermodels phares des années 1990.

C’est à cette époque que sont datés deux des signalements qui visent Gérald Marie. L’Américaine Jill Dodd l’accuse de l’avoir violée, chez lui. En effet, comme les agents Claude Haddad et Jean-Luc Brunel, il arrive souvent à Gérald Marie d’héberger les mannequins les plus prometteurs à leur arrivée à Paris. Même témoignage du côté de Carré Otis, ex-épouse de Mickey Rourke, qui assure avoir été violée par le Français dans son appartement. Elle avait 17 ans, lui 35.

Quant à la Suédoise Ebba Karlsson, elle dit avoir subi une pénétration lors d’un casting avec Gérald Marie au début des années 1990. «Il a baissé les stores, m’a montré les books de mannequins célèbres et m’a dit : “À ton avis, qu’ont-elles fait pour en arriver là ?” Avant même que je réponde, il passait la main sous ma jupe et m’a pénétrée avec ses doigts», raconte-t-elle au Parisien. Un récit corroboré par son petit ami de l’époque.

Un documentaire en 1999

En 1999 déjà, un documentaire diffusé sur la BBC avait terni l’image de Gérald Marie. Caméras cachées à l’appui, deux journalistes avaient infiltré le milieu de la mode pour y dénoncer les pressions sexuelles exercées sur les mannequins. On pouvait y voir Gérald Marie proposer l’équivalent de 600 euros à la journaliste Lisa Brinkworth – qui s’était fait passer pour un mannequin – afin de coucher avec elle.

Lors du tournage, elle-même affirme avoir été victime d’agression sexuelle par l’ancien cadre d’Elite. «À un moment, il est venu s’asseoir à califourchon sur moi. Il avait une érection, il se frottait contre mon bas-ventre. Je répétais non, non, mais je n’arrivais pas à le repousser», détaille Lisa Brinkworth dans les colonnes du Parisien.

À l’initiative de la plainte, Lisa Brinkworth espère que les signalements déposés la semaine dernière encourageront d’autres victimes à prendre la parole. Initiant peut-être un véritable changement dans le milieu de la mode, dans le sillage du mouvement #MeToo. Gérald Marie a démenti «catégoriquement» ces accusations auprès du Sunday Times.

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