En Inde, les violeurs de Nirbhaya ont été pendus

Quatre hommes coupables d’un viol collectif ont été exécutés par pendaison ce matin près de New Delhi. Si la mère de la victime affirme avoir enfin obtenu justice, cela ne semble pas régler le problème des violences sexuelles en Inde.

L’affaire remonte au 16 décembre 2012, une jeune femme de 23 ans avait été violée par un groupe d’hommes dans un bus. Jyoti Singh, renommée “Nirbhaya” (qui signifie“l’intrépide” en hindi), elle était décédée deux semaines plus tard des suites de ses blessures.

Ce drame a suscité un soulèvement du pays contre le gouvernement. Pendant des semaines après l’agression de la jeune femme, la population réclamait qu’on “pende les violeurs”. Un an après leur incarcération, les quatre hommes ont été reconnus coupables du viol et du meurtre de Nirbhaya puis condamnés à mort.

La mère de la victime, Asha Devi, s’est battue pendant des années pour que les agresseurs de sa fille soient exécutés. En ce 20 mars 2020, Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur ont été pendus à 5h30 (heure locale) dans la prison de Tihar, près de New Delhi.

“La justice a triomphé. Il est de la plus grande importance de garantir la dignité et la sécurité des femmes”, a annoncé le Premier ministre, Narendra Modi, via son compte Twitter.

“Nous avons la satisfaction que ma fille ait enfin reçu justice au bout de sept ans. Les animaux ont été pendus”, a déclaré Asha Devi aux journalistes.

Le viol en Inde, un problème social

Ce drame avait déclenché un débat au sein du Parlement indien sur la meilleure façon de mettre un terme au problème persistant du viol dans le pays. Depuis, l’Inde a modifié ses lois à ce sujet. Les violeurs sont désormais passibles d’une peine d’emprisonnement à perpétuité. Les récidivistes encourent la peine de mort. Cependant, le nombre de viols n’a pas diminué dans le pays. En 2018, il était même significativement plus élevé qu’en 2012. En Inde, un viol est signalé toutes les 16 minutes.

Les opposants à la peine de mort estiment que cette menace d’exécution ne dissuade pas les délinquants et ne résout pas le problème. “Il est très facile pour le gouvernement de répondre à ces actes de violence sexuelle brutale par la peine de mort. C’est une solution facile, elle se vend bien au public. Mais ce n’est pas une solution du tout. Je pense qu’il est clair que cela n’empêchera pas la violence sexuelle ou aura un réel impact sur la prévention de la violence sexuelle à l’avenir”, explique Anup Surendranath, spécialiste de la peine de mort à la National Law University de Delhi.

Ce dernier dénonce également la mise en place de techniques absolument effrayantes des violeurs pour éviter la prison. Ils n’hésitent pas à tuer leurs victimes pour détruire les preuves et les faire taire. En 2019, l’une d’entre elles a été brulée vive alors qu’elle se rendait au tribunal pour témoigner contre ses bourreaux.

La violence sexuelle en Inde demeure un problème social et culturel complexe. C’est la cause principale des crimes contre les femmes dans le pays. Les victimes hésitent à se manifester redoutant des enquêtes de qualité moindre et le risque d’intimidation. De plus, lorsque les affaires sont portées devant les tribunaux, la plupart n’aboutissent pas à des condamnations.

Beaucoup estiment que les statistiques des viols diminueront uniquement en s’attaquant aux attitudes patriarcales et archaïques qui relèguent la femme au second plan au sein de la société et la considèrent uniquement comme une “machine à bébés”. En Inde, le viol est souvent considéré comme étant une “honte” pour la victime. Pour vaincre ce problème, c’est la place de la femme au sein de la société indienne qui doit radicalement changer.

Florence Foresti émue aux larmes devant le témoignage d’une victime de viol

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