« Des crocodiles sur le bitume » pour rire et dépasser ses peurs

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  • Aujourd’hui, « Des crocodiles sur le bitume » de Diane Frachon paru le 20 octobre 2022 aux Éditions Hugo Roman.

Holly Goli, blogueuse, bookstagrameuse et contributrice du groupe de lecture 20 Minutes Books, vous recommande Des crocodiles sur le bitume, paru le 20 octobre 2022 aux Éditions Hugo Roman et signé Diane Frachon, qu’elle a rencontrée. Interview.

« Des crocodiles sur le bitume » évoque l’audace de sortir de sa zone de confort avec en toile de fond des thèmes comme la photographie ou l’exploration urbaine. Qu’est-ce qui vous a inspirée pour exploiter ces thématiques ? Quel message souhaitez-vous passer avec ?

L’exploration urbaine, abrégée en urbex (de l’anglais urban exploration, NDLR) consiste à visiter des bâtiments abandonnés. En découvrant ces bâtiments, on éprouve ce même mélange de peur et d’excitation qui caractérise les changements de vie. Ce sont aussi des lieux où l’on est souvent isolé (même si dans le roman, Adèle, l’héroïne, y fait des rencontres rocambolesques), déconnectés de la réalité et où l’on se sent à la fois très libre et très vulnérable. Cela reflétait bien le parcours émotionnel du personnage qui doit faire preuve de beaucoup de volonté pour dépasser ses peurs dans ses aventures urbex mais aussi dans sa vie. Quant à la photographie, c’est un art dans lequel chacun peut se projeter. Pour l’héroïne, c’est un nouveau métier aux antipodes de son poste dans l’audit. Cela rend sa reconversion professionnelle d’autant plus difficile. S’il y avait un message, ce serait d’encourager ceux qui aspirent à du changement à trouver leur confort dans l’inconfort. On a souvent cette image un peu clichée de la personne qui quitte un travail barbant et qui devient subitement épanouie à chaque instant. Je crois que les changements sont rarement limpides, et qu’il faut plutôt les aborder comme un chemin auquel croire. Quand mon personnage s’embarque dans un road-trip glacial en camping-car pourri, elle est tout sauf sereine mais elle reste audacieuse, enfin la plupart du temps…

Vous êtes l’une des lauréates du Grand Prix du roman AuFéminin 2021, mais aussi auteure d’albums jeunesse. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous essayer à un autre genre, comme le roman contemporain feel good ?

En effet, être lauréate a été un formidable tremplin. J’ai été personnellement encouragée par d’anciens lauréats renommés, et cela m’a autorisé à y croire jusqu’à être publiée. Dessiner est venue dans un second temps, pendant le confinement, en parallèle du roman. Quelque soit le genre, l’envie qui me porte est la même : raconter une histoire. D’ailleurs mon compte instagram s’[email protected]_raconte. Que ce soit dans un roman, un album pour enfant, ou une anecdote du quotidien, j’essaie de faire sourire le lecteur, de le dépayser et lui faire oublier l’actualité et ses soucis le temps de la lecture. L’idée du roman m’est quand même venue à une période de ma vie professionnelle où j’hésitais à m’agrafer la main tous les lundis matins pour ne pas avoir à retourner au bureau. J’aspirais à de grands changements, à plus de légèreté mais faire le pas vers un nouveau départ me faisait aussi très peur.

Les lieux insolites qui servent de décor à des rencontres surprenantes dans le roman existent-ils dans la réalité ?

Oui, la plupart sont des lieux réels que j’ai visités. Les sites de Détroit sont des incontournables du tourisme urbain local, l’hôpital psychiatrique abandonné existe lui aussi réellement, j’ai juste ajouté le marais autour… L’école quant à elle est inspirée d’une école abandonnée que j’avais visitée en Bosnie dans une zone désertée à cause de la guerre, c’était une de mes premières expériences d’urbex et l’intensité de ce qui était arrivé sur-place quelques années plus tôt était encore palpable. C’est en souvenir de cette visite que le roman débute dans une école abandonnée, sur un registre beaucoup plus léger. L’idée de la piscine abandonnée quant à elle vient de beaucoup moins loin : une piscine publique au bout de ma rue à Arcachon avait été fermée par la ville, j’ai eu tout le loisir de l’observer avant sa destruction. Les lieux désaffectés me fascinent, les sensations qu’on y éprouve sont assez uniques et je trouvais original d’y mêler mon intrigue. Ce sont des endroits émouvants où le temps a été figé et où on peut imaginer tout un tas de choses sur la base de ce qui est resté sur place.

Trois mots pour qualifier « Des crocodiles sur le bitume » ?

Humour, Poésie, Road-trip.

Sa citation préférée :

Elle commença par ajouter, comme consigne supplémentaire, que les vœux ne devraient concerner qu’elle-même : cela évitait de se heurter à l’obligation de demander la fin de la misère, du réchauffement climatique et des Pokémon.

Pourquoi ce livre ?

  • Parce que c’est l’un des lauréats du Grand prix du concours AuFéminin 2021 présidé par Raphaëlle Giordano. C’est un roman original et plein d’humour qui a séduit le jury.
  • Parce que ce roman est un feel good certes mais c’est aussi un road trip à travers les Etats-Unis. Adèle, l’héroïne, plaque tout pour aller jusqu’à Détroit en camping car et photographier tout ce qui passe à travers son objectif.
  • Parce que les thématiques choisies par Diane Frachon sont très intéressantes. Dans un premier temps, la zone de confort. Tout le monde en a une mais il est bien parfois d’en sortir pour voir le monde autrement. C’est ce que fait Adèle. Elle part à l’inconnu, sort de sa zone de confort pour finir par se trouver elle-même au bout du chemin. Dans un autre temps, il y a l’Urbex. Adèle explore des lieux abandonnés souvent difficiles d’accès et prend des photos. J’ai trouvé cela très intéressant au point d’en redemander.
  • Parce que la plume de Diane Frachon est douce et poétique. Pleine d’humour, elle met l’héroïne dans des situations parfois atypiques et loufoques mais qui vraiment font voyager et passer un bon moment. Tous les personnages sont traités sur un pied d’égalité, il n’y en a pas un qui prend la place de l’autre. On se laisse porter par leurs différents caractères, leurs histoires et surtout, on ne voit pas les pages défiler.

L’essentiel en 2 minutes

L’intrigue. Sur un coup de tête, Adèle plaque tout et part jusqu’à Détroit, photographiant des lieux atypiques au fil de son périple. Elle se laisse porter et rencontre tout un tas de personnages tous plus uniques les uns que les autres. Et si cela lui permettait de se trouver elle-même ?

Les personnages. Adèle bien sûr mais aussi Josel et le groupe de survivalistes ou encore Maël.

Les lieux. L’histoire se déroule sur la route, entre New York et Détroit, dans des lieux abandonnés ou non.

L’époque. L’histoire se déroule à notre époque.

L’auteur. Freelance dans le marketing et créative passionnée, Diane Frachon est Lauréate en 2021 du Prix AuFéminin pour son premier roman. Son humour et son originalité ont convaincu le jury présidé par Raphaëlle Giordano.

Ce livre a été lu avec. plaisir et rire. J’ai adoré cette histoire drôle aux scènes parfois loufoques. Je me suis laissée porter par la plume de Diane Frachon pour suivre Adèle et sa quête de soi. L’humour et les personnages nous embarquent dans un road trip qu’on n’est pas près d’oublier. Une jolie pépite !

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