Dépistage du glaucome : quand faut-il consulter ?

Le glaucome affecte petit à petit la vision. Des traitements le stabilisent efficacement. Pourtant, il n’est pas toujours dépisté. Explications.

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Le glaucome touche 1,2 à 1,3 millions de personnes en France, et seulement 600 à 800 000 d’entre elles sont suivies et traitées, car près de la moitié ne sont pas dépistées ! En effet, la maladie est insidieuse: le champ visuel se rétrécit petit à petit, de la périphérie vers le centre. “On ne s’en rend pas compte au début”, indique le Pr Jean-Marie Giraud, chef du service d’ophtalmologie et du centre du glaucome à l’hôpital d’instruction des armées Bégin, à Saint-Mandé. “On s’habitue à ce rétrécissement, on le compense en tournant davantage la tête et on ne réalise le problème que quand la baisse de vision est importante.”

Attention aux antécédents

D’où l’intérêt de consulter régulièrement un ophtalmo, dès la quarantaine. En effet, la fréquence de la maladie augmente avec le vieillissement: entre 40 et 50 ans, elle touche 0,6% de la population, mais jusqu’à 5% entre 70 et 80 ans. Attention cependant, si des membres de la famille (parents, fratrie, oncles et tantes) ont un glaucome, le risque augmente. “Pour ces personnes, mieux vaut consulter dès 40 ans, puis tous les deux ans, voire davantage”, précise le Pr Giraud. “Pour les autres, un rendez-vous à 45 ans, puis tous les 2-3 ans, suffira.”

Un examen simple

Le glaucome est dû à une augmentation de la pression intra-oculaire: quand il y a trop de liquide dans l’oeil, cette pression augmente et le nerf optique est affecté. La pression intra-oculaire qui cause la maladie n’a rien à voir avec la pression artérielle. On peut être hypertendu et ne pas présenter de glaucome, ou avoir une tension normale et être à risque. Pour repérer ce problème, l’ophtalmologiste réalise un examen très simple, appelé tonométrie: un petit jet d’air est envoyé vers l’oeil, ce qui permet de mesurer la pression. Il réalise aussi un examen du fond d’œil et analyse le nerf optique.

Des traitement efficaces

En cas de glaucome, l’ophtalmologiste prescrit généralement un collyre, à utiliser au quotidien. Ce traitement est efficace chez 90 à 95% des gens. Attention, il permet seulement de stabiliser la maladie, pas de la faire régresser. D’où l’utilité de commencer à traiter dès les premiers stades. Mais il y a des problèmes d’observance avec les collyres, d’autant plus qu’ils sont prescrits à vie. D’autres solutions sont possibles. Par exemple un traitement au laser (appelé trabéculoplastie sélective) qui en deux à quatre séances améliore l’évacuation du liquide de l’oeil et diminue la pression. Et quand rien n’est efficace, la chirurgie est possible, par la pose d’un stent qui dérive l’humeur aqueuse en surpression dans l’oeil.

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