Cancer du sein triple négatif : "Si je n’ai pas de traitement, en décembre, je ne suis plus là"

A 32 ans, Leslie Gandon est atteinte d’un cancer du sein triple négatif. Dans une impasse thérapeutique en France, elle a lancé une cagnotte pour bénéficier, en Allemagne, de traitements innovants mais coûteux. Témoignage.

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Le cancer du sein triple négatif est un sous-type de cancer du sein particulièrement agressif, car il n’a pas de récepteurs hormonaux et ne dispose donc pas de thérapies ciblées. Il devient métastatique dans environ 30 % des cas. La durée médiane de survie est alors de 14 mois.

A 32 ans, Leslie Gandon est touchée par cette forme de la maladie : depuis octobre 2020, son cancer est métastatique. “Finalement, au mois de décembre de cette année-là, 2021, si je n’ai pas de traitement, je ne suis plus là. J’ai envie de vivre. Je suis jeune, j’ai la vie devant moi et je n’ai pas envie de tout laisser”, explique-t-elle.

“Ma seule chance, c’est un traitement en Allemagne”

Pour la jeune femme, tout a commencé en 2017, lorsqu’elle a été diagnostiquée d’un cancer du sein hormonal. “J’ai été en rémission pendant 8 mois et en janvier 2019, j’ai été diagnostiquée, toujours d’un cancer du sein, mais triple négatif cette fois-ci, le cancer a muté”, raconte-t-elle.

Leslie Gandon a subi de la chimiothérapie, des rayons, des chirurgies et se trouve désormais dans une impasse thérapeutique. “Ma seule chance à moi, c’est d’aller chercher un traitement en Allemagne ou aux États-Unis”, explique-t-elle. En Allemagne, de l’immunothérapie est proposée aux patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif. “L’immunothérapie est disponible en France, mais pour d’autres cancers”, souligne Leslie Gandon.

Cancer triple négatif : un traitement qui coûte au minimum 130.000 euros

Ce traitement prometteur combine immunothérapie et vaccinothérapie. “Ils n’ont pas encore fait véritablement d’essais cliniques pour voir si ça fonctionne ou pas. Pourtant, en Allemagne, je connais des femmes qui sont parties et qui sont en rémission à ce jour. Donc pour moi, c’est une très grande source d’espoir”, explique Leslie Gandon.

Problème : pour commencer le traitement en Allemagne, il faut débourser 130.000 euros pour trois mois. Il faut ensuite y retourner toutes les trois semaines et dépenser 15 à 20.000 supplémentaires à chaque fois.

Pour pouvoir en bénéficier, Leslie Gandon a constitué une cagnotte. “Parce que je n’ai pas 130.000 euros sur mon compte bancaire et que j’ai besoin de vivre”, explique-t-elle. Faire un crédit pour réunir cette somme ? “On n’y a pas le droit puisqu’on a un cancer, on est malade. J’en connais qui ont carrément vendu leur maison”, précise-t-elle.

“C’est inadmissible de devoir faire des cagnottes pour se soigner à l’étranger”

Pour mener ce combat, une véritable solidarité s’est installée entre les patientes. Leslie Gandon a notamment rencontré Alexandra, elle aussi atteinte d’un cancer du sein triple négatif. “On s’est liées fortement d’amitié et donc je l’ai fortement aidée pour monter sa cagnotte, pour qu’elle aille en Allemagne et qu’on puisse se faire soigner toutes les deux”, explique-t-elle.

Les deux jeunes femmes voulaient se battre ensemble contre la maladie, mais elles n’ont pas pu aller au bout de leur combat main dans la main. “Alexandra nous a quittés il y a un petit peu plus d’un mois”, raconte Leslie Gandon. La jeune femme lui a laissé sa cagnotte afin qu’elle puisse bénéficier des traitements en Allemagne.

“C’est inadmissible de décéder à 30 ans, de devoir laisser sa famille, ses enfants, de devoir faire des crédits, de devoir faire des cagnottes pour aller se faire soigner à l’étranger alors que nous avons les traitements en France. Il suffit juste d’ouvrir les essais à tout le monde pour qu’on puisse au moins tester et puis pourquoi pas s’en sortir puisqu’ils existent. Nous, c’est tout ce qu’on demande”, conclut Leslie Gandon.

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