« On n’est pas là pour se faire engueuler »: le clin d’oeil acide de Thomas Sotto à Emmanuel Macron

En déplacement à l’université Paris-Saclay ce jeudi 21 janvier, Emmanuel Macron a prononcé une phrase choc, en comparant les Français à “des procureurs”. Présent au micro de RTL le même jour, Thomas Sotto, visiblement agacé par cette remarque, a souhaité répondre au président de la République.

A propos de

  1. Emmanuel Macron

  2. Thomas Sotto

Ce n’est pas la première fois que l’une ses petites phrases fait polémique. Après avoir usé de l’expression “pognon de dingue” ou conseillé à un jeune de “traverser la rue” pour trouver un emploi, Emmanuel Macron a fait parler de lui après un nouvel écart de langage. Ce jeudi 21 janvier, alors qu’il était en déplacement à l’université de Paris-Saclay, le président de la République a prononcé un discours qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Et qui, on peut le dire, a même fait grand bruit. En s’adressant aux étudiants, il a fustigé la “défiance française” et déploré “une traque incessante de l’erreur”, en particulier depuis le début de la crise sanitaire. Il est même allé plus loin, en comparant les Français à des “procureurs” :Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs. Ce n’est pas comme cela qu’on fait face aux crises et que l’on avance”, a estimé le chef de l’État. Une formule choc qui n’a visiblement pas été au goût de Thomas Sotto. Présent à l’antenne de RTL chaque soir à 18 heures, le journaliste a tenu à lui répondre.

Alors figurez-vous que tout à l’heure, Emmanuel Macron nous a mis à tous un sérieux carton jaune…“, a-t-il fait savoir, un brin remonté. “Alors monsieur le président, loin de moi l’idée de polémiquer avec vous, ce n’est surtout pas mon rôle. Mais quand même ! Aussi sûr qu’être ministre ou chef d’État n’est pas un métier facile en ces temps d’épidémie, je me dis quand même que parmi ces 66 millions de procureurs, on doit trouver beaucoup de citoyens qui sont tout simplement inquiets, se posent des questions, sont fatigués, qui ont peur ou qui ont juste besoin d’être rassurés”, a tenu à souligner le journaliste, avant d’user d’une métaphore sportive : “Et qui se demandent donc si, en revoyant l’action au ralenti, ce carton jaune ne serait pas un peu sévère…” Pour conclure, Thomas Sotto a adressé un petit tacle à Emmanuel Macron, en diffusant à l’antenne de RTL un titre de Boris Vian :On n’est pas là pour se faire engueuler…” Le message est passé.

Emmanuel Macron: "Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs" pic.twitter.com/QsaABvlCcU

La classe politique s’en mêle

Une chose est sûre, Thomas Sotto n’est pas le seul à avoir été dérangé par cette petite phrase. Sur Twitter, la sortie d’Emmanuel Macron a aussi fait réagir bon nombre de personnalités politiques. “Macron rêve de 66 millions de béni-oui-oui. (…) Il se croit décidément à la tête d’une entreprise et non d’une démocratie”, a rétorqué la députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain. Et son collègue Adrien Quatennens de renchérir : “Après ‘ceux qui ne sont rien’ et les ‘gaulois réfractaires’, voici les ’66 millions de procureurs’ ! Macron, pour qui il manquait ‘un roi à la France’, a vraiment un grave problème avec la démocratie. En 2022, dehors le monarque !” Même son de cloche à droite. Si Éric Ciotti a estimé que le président avait “un problème avec le peuple”, Bruno Retailleau a tenu à rappeler que “la démocratie, c’est rendre des comptes.”

Et maintenant, Macron rêve de 66 millions de béni oui oui. C'est dire s'il connaît bien la France ! Il se croit décidément à la tête d'une entreprise et non d'une démocratie. #procureurs

Décidément le Président Macron a un problème avec le peuple

La critique de son action par les Français n’est pas celle de procureurs mais de citoyens éclairés et libres !

Accepter la critique populaire c’est aussi cela l’esprit républicain https://t.co/R5qNishWIo

Brigitte Macron sévère sur les petites phrases de son mari

S’il y en a une à qui cette sortie ne devrait pas plaire, c’est la Première dame. Lors d’une interview accordée à TF1, en janvier 2021, Brigitte Macron était revenue sur une petite phrase maladroite prononcée par son mari à un jeune chômeur : “Je traverse la rue et je vous en trouve” du travail. Interrogée sur cette polémique, la présidente de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France n’avait alors pas fait de cadeaux à son mari : “C’est compliqué de dire à un jeune homme une phrase comme celle-là“, avait-elle fait savoir, avant de préciser son propos : “Bien évidemment, on n’a pas à le dire.”

Suite à cet incident verbal, Emmanuel Macron avait opéré un changement de communication pour faire plaisir à son épouse. Elle a détesté toutes les petites phrases. Que ce soit celle sur traverser la rue pour trouver du boulot, celle sur les fainéants ou sur les gens qui ne sont rien”, confiait la journaliste Nathalie Schuck dans Brigitte, l’influente, diffusé sur BFMTV. Chassez le naturel, il revient au galop…

Crédits photos : Marc Ausset-Lacroix/Bestimage

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