Lionel Jospin sort du silence : ses (très) nombreux reproches à Emmanuel Macron

C’est une sortie politique qui peut faire du bruit. Après des années de silence, Lionel Jospin fournit son analyse du paysage politique français. Pas tendre avec Emmanuel Macron, l’ex Premier ministre se dit “inquiet” à cause du chef de l’Etat.

Emmanuel Macron

Lionel Jospin

Absent de la scène médiatique pendant de longues années, Lionel Jospin a décidé de livrer sa vérité, celle d’un observateur de la vie politique française depuis une vingtaine d’années. L’ancien candidat à la présidentielle sort un ouvrage, Un temps troublé, aux Editions du Seuil. Et si le contenu du livre reste encore pour le plus grand nombre mystérieux, les analyses qu’il vient de faire lors d’un entretien accordé à L’Obs montre que Lionel Jospin a de nombreux avis tranchés. Notamment sur la politique menée par le gouvernement actuel, et surtout de nombreuses remontrances à faire à Emmanuel Macron, le président de la République.

“Partenaire” du Rassemblement national ?

A propos de son élection, Lionel Jospin estime déjà voir un concours de circonstances plutôt qu’une adhésion franche des Français. Si le président sortant, François Hollande, s’était représenté, Emmanuel Macron n’aurait pas franchi le premier tour de l’élection présidentielle car une bonne partie de l’électorat socialiste lui aurait fait défaut”, souligne l’ancien Premier ministre, qui estime qu’Emmanuel Macron, certes “talentueux” a su saisir “le moment opportun”.

“Il m’intéresse, m’intrigue et m’inquiète”, énumère, avec un joli sens de la formule, Lionel Jospin, en parlant du chef de l’Etat. “Le logiciel du président est à mes yeux anachronique. Il a mené jusqu’ici une politique économique et sociale déséquilibrée. Sa méthode politique, celle de la verticalité, est également d’un autre âge”. Les reproches de Lionel Jospin envers le président de la République sont nombreux : avoir nommé des Premiers ministres “hors de la formation majoritaire à l’Assemblée”, d’avoir choisi à leur place leurs directeurs de cabinet, et, enfin, sa propension à affaiblir “les formations républicaines” en instituant le Rassemblement national comme un “partenaire/adversaire”. “En polarisant ainsi le débat, il confère à l’extrême droite la figure de l’alternance. Or si sa politique est récusée et ses méthodes, contestées, un risque naîtra. Imposer aux électeurs une carte forcée est dangereux”. Après un si long silence, Lionel Jospin en avait visiblement gros sur le coeur.

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