Jonathan Cohen : "J’ai un vrai problème avec le romantisme"

L’humoriste signe une série parodique inspirée de la téléréalité sentimentale Le Bachelor. Avec La Flamme, il s’offre un rôle sur mesure et un époustouflant casting de stars de sa génération. Rencontre exclusive avec le réalisateur et trois de ses ardentes actrices.

«Jonathan Cohen, c’est le Jim Carrey français !» Adèle Exarchopoulos n’est pas la seule à clamer son admiration pour l’acteur. Elles sont une dizaine à l’avoir suivi dans son nouveau projet d’envergure : la réalisation d’une parodie du programme de téléréalité Le Bachelor pour Canal+.

Baptisée La Flamme (1), cette série de neuf épisodes réunit la fine fleur de sa génération d’acteurs. Leïla Bekhti, Adèle Exarchopoulos, Doria Tillier, Géraldine Nakache, Ana Girardot, Florence Foresti…, toutes se sont glissées dans les robes longues et satinées des candidates pour tenter de séduire le beau Marc, pilote de ligne sûr de lui, enfant gâté «effrayant de stupidité».

Avec ce programme, Jonathan Cohen confirme son statut d’humoriste star du moment. Révélé par son personnage de Serge le Mytho, le comédien de 40 ans a fait ses armes au Conservatoire national supérieur d’art dramatique à Paris et compte aujourd’hui une trentaine de rôles au cinéma et presque autant à la télévision. À l’affiche de Terrible Jungle aux côtés de Catherine Deneuve, il est aussi attendu dans la saison 2 de Family Business sur Netflix et donnera la réplique à Marina Foïs dans Énorme, le 2 septembre (2).

Le romantisme vu par Jonathan Cohen

Jonathan Cohen : “Tout ce qui est de l’ordre du fantasme est dangereux.”

«J’ai un vrai problème avec le romantisme. Pour moi, les contes de fées ont rendu malades beaucoup de gens, qui se retrouvent dans l’attente de vivre des choses folles et n’acceptent pas la réalité. J’ai longtemps joué les gentlemen, mais je n’ai essuyé que des échecs. Tout ce qui est de l’ordre du fantasme est dangereux, et je préfère donner moins en apparence pour toujours rester dans le vrai. Le Bachelor entretient d’ailleurs cette fausse image de l’amour. Et étant jeune papa dans la vie, je sais déjà que je montrerai plus volontiers des Pixar à ma fille que les classiques de Disney. Je ne veux pas entretenir cette idée de méchante sorcière et de prince charmant qui viendra la sauver. Ma fille se sauvera toute seule ou se fera aider par des gens qui ne seront pas forcément des hommes !»

En vidéo, la cover story de Jonathan Cohen, Doria Tillier, Leïla Bekhti et Adèle Exarchopoulos

La série vue par Doria Tillier

Doria Tillier : “Avant le tournage de la série, j’avais une légère appréhension, car je pensais un peu aux tensions qui pouvaient avoir lieu sur le plateau avec dix actrices et autant d’ego.”

«J’avais adoré le format américain, Burning Love, dont La Flamme s’inspire, et j’étais très heureuse de jouer le rôle de Valérie, la prétendante à fleur de peau. Avant le tournage de la série, j’avais une légère appréhension, car je pensais un peu aux tensions qui pouvaient avoir lieu sur le plateau avec dix actrices et autant d’ego. Et je ne sais pas si nous avons toutes eu peur de ça, mais ces quinze jours toutes ensemble se sont extrêmement bien passés. Nous avons beaucoup ri, tout le monde était bienveillant et ouvert. Certaines se connaissaient depuis longtemps comme Leïla Bekhti, Géraldine Nakache et Adèle Exarchopoulos, mais elles n’ont pas formé de clan et moi qui ne connaissais personne, je ne me suis pas sentie exclue. Il y avait même une vraie solidarité entre nous et c’était très agréable.»

Le rire vu par Adèle Exarchopoulos

Adèle Exarchopoulos : “Les gens sont parfois surpris de découvrir que j’ai de l’humour !”

«J’ai toujours eu envie de faire de la comédie, mais j’ai été très vite stigmatisée après avoir fait un film d’auteur (La Vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche). Si bien que les gens sont parfois surpris de découvrir que j’ai de l’humour ! L’énergie, la bonne humeur, mais aussi la générosité qu’insufflaient Jonathan et Jérémie Galan (le coauteur et coréalisateur de La Flamme, NDLR) sur le plateau m’ont fait réaliser l’importance de travailler dans une telle atmosphère. J’ai adoré jouer Suraya, une femme à qui on a greffé un cœur de chimpanzé, et c’était un plaisir de retrouver l’équipe chaque matin. Mon jeu n’en était que meilleur, car je n’avais pas envie de les décevoir. Cette expérience a d’ailleurs un peu influencé mes choix suivants.»

Génération 2020 vue par Jonathan Cohen

De gauche à droite. Jonathan Cohen : chemise polo Ralph Lauren. Leïla Bekhti : blouson en cuir et tee-shirt, Celine par Hedi Slimane. Créole Cartier. Adèle Exarchopoulos : chemise polo Ralph Lauren, top Zara. Pendentif Bulgari. Doria Tillier : chemise Levi’s.

«C’est toujours un peu risqué de travailler avec des proches, mais, par chance, cela a fonctionné tout de suite entre nous. Ces filles sont des comédiennes que j’admire, et je trouvais formidable de les réunir pour ce projet. Les acteurs de cette génération savent tout faire, ils sont brillants mais aussi profondément humains et généreux. La gentillesse est primordiale pour moi, et je suis toujours effaré de constater la mauvaise image dont souffre ce métier. Cela peut paraître incroyable, mais les acteurs que je connais sont polis et font attention les uns aux autres. Ensemble, nous cherchons à repousser les limites pour apporter une vraie proposition au public. Pour la plupart, nos références viennent des États-Unis. L’humour français est copié sur le modèle américain. Et que ce soient Pierre Niney, François Civil ou moi, nous avons été bercés par les comédies américaines.»

L’amitié vue par Leïla Bekhti

Leïla Bekhti : “Jonathan Cohen est mon meilleur ami, et j’ai suivi le projet de La Flamme depuis sa naissance.”

«Nos amis forment une famille qu’on s’est choisie. Je manque de confiance en moi pour beaucoup de choses, mais j’ai la chance d’être entourée de gens que j’admire. Jonathan Cohen est mon meilleur ami, et j’ai suivi le projet de La Flamme depuis sa naissance. J’ai tout de suite été emballée par cette aventure – qui est une première en France – et par mon rôle de prétendante hypercompétitive et folle amoureuse de Marc dès le début.

Jonathan est un artiste qui me fascine, et le tournage m’a rappelé celui du Grand Bain de Gilles Lellouche : on s’est amusés comme rarement, mais il y avait aussi beaucoup d’exigence et de minutie. On est d’ailleurs très durs entre nous, et quand je montre à Adèle Exarchopoulos un film dans lequel je joue, elle a toujours l’honnêteté de me dire si elle a aimé ou pas. C’est essentiel d’être sincère en amitié et si elle me trouve bonne dans un rôle, cela a tout de suite plus de valeur. Se retrouver tous ensemble pour La Flamme a été un pan de vie dont je me souviendrai longtemps.»

(1) La Flamme, de Jonathan Cohen et Jérémie Galan. Cet automne sur Canal+.

(2) Énorme, de Sophie Letourneur, avec Jonathan Cohen et Marina Foïs. Sortie le 2 septembre 2020.

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