#FreeBritney : sous tutelle depuis douze ans, Britney Spears est-elle manipulée par son entourage ?

Depuis le confinement et les posts énigmatiques de la star sur les réseaux sociaux, le monde entier s’indigne et demande à ce qu’elle puisse, à 38 ans, enfin gérer sa vie, son argent et sa famille comme elle le souhaite.

Car en effet, en 2008, Britney Spears a été placée sous la tutelle de son père après avoir vécu une période difficile psychologiquement. Depuis 12 ans, il aurait, selon certaines informations, la main-mise sur la vie de l’icône de la pop culture. Pourquoi la star a-t-elle été mise sous tutelle ? Pourquoi ses fans s’inquiètent pour elle ?

Retour sur le mouvement #FreeBritney et la polémique qui l’entoure.

2008, Britney Spears en détresse psychologique

Après plusieurs succès mondiaux dans la musique et des débuts très jeune, Britney Spears, victime de surmédiatisation, connaît un moment de détresse psychologique. Elle se rase le crâne, est internée en hôpital psychiatrique et perd la garde de ses enfants, après avoir notamment été aperçue en train de conduire avec l’un d’eux sur ses genoux. 

À la suite de cette série d’événements où la star semble nécessiter l’aide de son entourage, son père, James Parnell Spears, décide que la jeune femme alors âgée de 27 ans, devrait être placée sous curatelle.

Le 1er février 2008, sa demande est acceptée par les tribunaux, qui lui donnent alors l’entière responsabilité, notamment financière, sur les affaires concernant Britney Spears. La tutelle est partagée entre lui et un avocat, Andrew Wallet.

À eux deux, ils gèrent une fortune estimée à plus de 50 millions de dollars pendant des années, contre salaire, sans que Britney ne puisse rien dire, ou faire. L’avocat a d’ailleurs récemment démissionné et exige des réparations. 

Au départ, la tutelle ne doit durer que jusqu’à la fin de l’année, ou alors, jusqu’à ce que Britney présente des “signes d’amélioration durable de son état mental”.

L’année même de sa tutelle, elle sort un documentaire, un album, apparaît dans une série… sans jamais que l’emprise de son père ne soit remise en question. Elle serait ainsi capable de travailler sans relâche, mais visiblement pas de prendre ses propres décisions. C’est ce que reproche encore aujourd’hui ses fans à James Spears, dit “Jamie”.  

Douze ans plus tard, l’icône, désormais âgée de 38 ans, dépend toujours de son père pour les décisions les plus basiques de sa vie, comme conduire, créer, ou qui fréquenter. Tant de libertés qui lui ont été ôtées indéfiniment, ce qui a, au fil des ans, inquiété ses fans.

Ils ont lancé le hashtag #FreeBritney dès 2009, inquiets que la star soit potentiellement victime de son entourage, qui profiterait de sa richesse. Depuis, chaque fois que la question de sa curatelle est discutée devant un tribunal, ceux-là manifestent pour dire qu’elle serait prise en “otage” par son père.

Depuis le confinement, le mouvement prend de l’ampleur

Britney Spears poste régulièrement des bribes de son quotidien sur le réseau social Tiktok. Depuis le confinement, ses vidéos ont interpellé certains fans, estimant qu’elle avait le regard fuyant et qu’elle semblait triste, voire en dépression.

Les fans lui demandent alors de porter un haut jaune ou noir dans sa prochaine vidéo pour signaler qu’elle serait en danger, ce qu’elle fait immédiatement, soit en réponse à ces allégations, soit par pure coïncidence… Difficile de savoir.

Une personne de l’entourage de la famille Spears, bien que l’information n’a pas été confirmée, raconte alors cette année dans le podcast Britney’s Gram que le père de Britney l’aurait internée de force et aurait annulé ses concerts après qu’elle aurait exprimé le souhait de ne plus prendre ses médicaments.

À la suite de ces révélations, la toile s’enflamme et le hashtag #FreeBritney reprend de la vigueur, poussé par des comptes sociaux célèbres comme Diet Prada. À l’origine du mouvement, les Américaines Tess Barker et Barbara Gray, fans inconditionnelles de l’icône des années 2000.

Des stars telles que Miley Cyrus ou encore Rose McGowan réagissent elles aussi, et jugent que la star est en danger. Pour cette raison, des pétitions en ligne avec plus de 200.000 signatures sont apparues depuis début 2020. 

Théories du complot ou véritables appels à l’aide ?

Britney Spears répond elle-même à la polémique à travers une publication, où elle dément les rumeurs : “Je sais que certains n’aiment pas ou ne comprennent pas mes posts. Mais c’est juste moi heureuse. C’est moi de la manière la plus authentique et réelle que possible, se justifie-t-elle. Je veux juste inspirer les gens à faire pareil et à être eux-mêmes sans vouloir satisfaire les autres.” Elle intime par la même occasion à ses fans de “ne pas croire tout ce [qu’ils lisent] et ce [ils entendent]”.

C’est moi de la manière la plus authentique et réelle que possible

Mais ceux-là doutent de l’authenticité du message et remarquent d’autres potentiels signes d’appel à l’aide, par exemple via le thème récurrent des cages dans la discographie de la chanteuse.

Ces doutes s’expliqueraient aussi par le fait que depuis le jugement de tutelle en 2008, “les détails n’ont pas été rendus publics, pas plus que son état mental ou son diagnostic“, rappelle le New York Times.

Des éléments perturbants refont surface et remettent en question le rôle du père de Britney. A notamment été retrouvé un enregistrement de Britney Spears dans un documentaire qui lui était consacré, où elle expliquait à propos de la curatelle : “Quand tu vas en prison, tu sais quand tu vas sortir. Mais là, cette situation n’a pas de fin.

L’ensemble de ces éléments fondent une véritable théorie du complot selon laquelle Britney serait victime d’un entourage cupide.

“Le fait qu’elle soit sous tutelle depuis une douzaine d’années devrait vous donner une idée de son état de trouble mental et de sa vulnérabilité. Les tribunaux feront tout ce qu’ils peuvent pour s’assurer que cette personne ne soit pas sous tutelle à moins qu’elle en aie vraiment, vraiment besoin”, a estimé de son côté l’avocat Adam Streisand au Los Angeles Times, qui avait rencontré Britney lors du jugement de tutelle en 2008.

Jamie Spears, père et tuteur de la star

L’ampleur de l’affaire s’explique aussi par les problèmes de santé qu’a connu le père de Britney en début d’année 2019. Jodi Montgomery, une tutrice professionnelle, avait remplacé Jamie pendant un an à cet effet. Désormais rétabli, il désire reprendre la tutelle de sa fille

Britney, elle, a exprimé via son avocat Samuel Ingham cette semaine qu’elle ne souhaitait plus être dirigée par son père, a révélé l’AFP via RTL. La mère de Britney l’accompagne dans ses démarches et aimerait elle aussi qu’elle ne soit plus sous la tutelle de son père, mais sous celle d’un professionnel neutre.

La justice a tranché ce vendredi 21 août, détaille Midi Libre, et a donné raison à Jamie Spears, qui continuera de gérer la carrière et la vie privée de la pop star au moins jusqu’au 1er février prochain. D’après les estimations de l’AFP, celui-ci perdrait au moins 100.000 euros par mois s’il n’était plus le tuteur de sa fille.

En septembre 2019, ce dernier a été accusé d’avoir violenté les deux garçons de la star par son ex-mari et père des enfants, Kevin Federline. Il est depuis visé par une ordonnance restrictive de trois ans qui l’empêche de s’approcher ses petits-fils. Une décision qui a renforcé l’idée qu’il ne serait pas à même de décider pour la chanteuse.

Aujourd’hui, l’ancienne assistante de Britney, son maquilleur, ses anciens compagnons et amis se sont mobilisés pour la “libérer” de l’emprise que son entourage exercerait sur elle. Ils ont tous participé ou soutenu les manifestations organisées dans la rue par les fans aux quatre coins des États-Unis. 

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