Agnès Buzyn convoquée par la justice : que risque l'ex-Ministre de la Santé ?

Vendredi 10 septembre 2021, dans le cadre de l’enquête sur la gestion de la crise du Covid, Agnès Buzyn est convoquée devant la Cour de Justice de la République. Et selon les informations communiquées par Le Monde, l’ex-Ministre de la Santé risque une mise en examen pour “mise en danger de la vie d’autrui”

  • Emmanuel Macron

L’ancienne Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, est convoquée vendredi 10 septembre à la Cour de justice de la République (CJR) de Paris. Une convocation qui a lieu dans le cadre de l’enquête menée depuis juillet 2020 sur la manière dont le gouvernement a géré la pandémie liée au Covid-19. Selon les informations révélées par Le Monde le jeudi 9 septembre, les trois juges d’instruction viseraient “l’absence d’anticipation du ministère de la Santé face à l’arrivée du virus”. De ce fait, toujours selon le média, Agnès Buzyn pourrait être mise en examen pour “abstention volontaire de combattre un sinistre” ainsi que pour “mise en danger de la vie d’autrui”. Une audition de laquelle, d’après Le Monde, la compagne d’Yves Lévy pourrait également ressortir sous le statut de témoin assisté. Pour cela, elle devrait donc convaincre les juges qu’il n’existe pas suffisamment d’indices graves ou concordants pouvant être retenus à son encontre. Un dossier judiciaire risque fortement de perturber le gouvernement d’Emmanuel Macron. 

Absente à une première convocation

Auditionnée en juin 2020 par la mission d’information sur l’impact du coronavirus de l’Assemblée nationale, Agnès Buzyn avait affirmé que le ministère de la Santé n’avait pas agi avec lenteur. Elle avait ainsi déclaré avoir eu très vite “l’intuition” de la gravité de l’épidémie. “Je mets en branle tout le système le 25 janvier alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas encore déclaré l’urgence de santé publique internationale”, avait-elle ainsi expliqué. Pourtant, le 3 juillet 2020, le parquet général de la Cour de cassation avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour “abstention de combattre un sinistre” visant Édouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran. Mais selon Le Monde, l’ancienne ministre de la Santé, devenue en janvier envoyée du directeur général pour les affaires multilatérales à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), n’avait pas répondu à une première convocation des magistrats instructeurs de la CJR en juillet.

A ce jour, dans les plaintes contre Agnès Buzyn retenues par la commission des requêtes de la CJR, nombreuses sont celles qui évoquent les propos que l’ancienne collaboratrice d’Emmanuel Macron a tenus dans Le Monde le 17 mars 2020. Des déclarations effectuées après sa défaite au premier tour des municipales et affirmant qu’elle avait prévenu Édouard Philippe que le scrutin ne pouvait pas se tenir, compte tenu de la gravité de la menace sanitaire. “Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade”, avait-elle ainsi expliqué. Toujours d’après les informations relayées par Le Monde, son successeur, Olivier Véran, pourrait convoqué à son tour devant la CJR dans “les semaines à venir”, afin de répondre de la “gestion” des masques par le gouvernement.

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