Emmanuel Macron giflé : faut-il relever la sécurité autour du président ?

Invité de la matinale de France Inter ce mercredi 09 juin, l’ancien ministre de l’Intérieur et proche du chef de l’Etat, Christophe Castaner a indiqué ne pas être en faveur d’un renforcement de la sécurité du président de la République.

Rien ne changera autour de la sécurité d’Emmanuel Macron, Christophe Castaner en est convaincu. C’est ce qu’il explique ce mercredi 09 juin au micro de la matinale de France Inter, au lendemain de la gifle subie par Emmanuel Macron lors d’un déplacement à Tain-l’Hermitage, ce mardi 08 juin. Et le chef de file des députés En Marche d’assurer que non seulement il n’est pas nécessaire de relever la sécurité du chef de l’Etat, mais que le locataire de l’Elysée ne le veut pas. Question à la fois de tradition, et de volonté personnelle d’Emmanuel Macron.

Car le président de la République a toujours su que la question de sa sécurité était essentielle, et complexe. Et ce pendant même la campagne de 2017, comme on pouvait l’entendre dans le documentaire qui l’a suivi dans sa course à l’Elysée. Emmanuel Macron est alors en déplacement à Amiens, dans une usine Whirpool : “Je ne serais jamais en sécurité, parce que le pays est comme ça. Donc faut prendre le risque, faut aller dans le coeur de la bête à chaque fois. Parce que si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort.

Jacques Chirac avait imposé à sa sécurité une distance

Christophe Castaner rejoint cette analyse, car pour lui, en termes de sécurité, on se trouve devant “un choix simple“, qui pose la question éventuelle de “l’hyper-protection du président” : “Soit vous vivez dans une bulle de sécurité, soit vous allez au contact. Je crois que le président Jacques Chirac a été celui qui avait imposé à ses proches de sécurité une certaine distance. Aujourd’hui Emmanuel Macron souhaite, a besoin, vit aussi de cette proximité avec les Français. Et donc il sait très bien que s’il mettait un rempart avec la sécurité il n’aurait pas ce dialogue. Et d’ailleurs hier, dans les secondes qui suivent la gifle, il va immédiatement retourner au contact avec la population et il l’a fait toute l’après-midi dans de très bonnes circonstances.

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Emmanuel Macron ne veut pas d’un rempart entre lui et les Français

Pas de murs infranchissables entre le chef de l’Etat et les bains de foule qu’il semble affectionner ? D’autant que, selon l’ancien ministre de l’Intérieur, il n’y a pas eu de faille de sécurité autour du président à Tain-l’Hermitage. “Je n’ai aucun élément qui me fait penser qu’il y a pu avoir une faille. (…) Je sais la difficulté pour le Groupe de Sécurité du Président de la République de garantir cela. Dès lors qu’on ne fouille pas les gens, qu’on ne les filtre pas, vous avez toujours ce risque là. La méthode américaine est très différente, il n’y a jamais aucun contact. Le gouvernement américain nous demandait 500 ports d’arme pour que le président américain puisse venir au G7 de Biarritz, vous voyez le niveau de sécurité. Ça n’est pas le choix que font les présidents français et ça n’est pas le choix que fera Emmanuel Macron parce qu’il ne veut pas un rempart entre lui et les Français.

[email protected] : "Le niveau de protection des responsables politiques dans notre pays est élevé. Mais le risque zéro n'existe pas, les présidents de la République le savent et ils l'assument" #le79inter pic.twitter.com/ejeOjz0PYO

Le député des Hautes-Alpes se veut rassurant et confiant dans le dispositif de sécurité actuellement en place : “Le niveau de protection des Présidents, des responsables politiques dans notre pays particulièrement exposés est élevé. Il est d’un très bon niveau, et les hommes et les femmes qui sont autour du Président de la République sont de très grande qualité. Mais le risque zéro n’existe pas, les présidents de la République le savent, et ils l’assument.” Car si même le symbole de la gifle est fort, pour Christophe Castaner comme pour le président, “la meilleure réponse à cela est de ne pas s’arrêter, de ne pas changer, de ne pas dramatiser la situation“.

Crédits photos : Capture d’écran France Inter

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